En ce lundi 15 décembre 2025, l’actualité congolaise s’ouvre sur des chiffres glaçants qui rappellent, une fois de plus, la brutalité de la crise sécuritaire à l’Est du pays.
La prise d’Uvira et les révélations sur les massacres, viols et destructions massives continuent de secouer l’opinion nationale et internationale, mettant à rude épreuve l’accord de paix signé récemment à Washington.
Les médias reviennent largement sur les réactions de Kinshasa, les prises de position fermes des États-Unis, mais aussi sur les critiques acerbes adressées à la communauté internationale, accusée d’impuissance, voire de duplicité.
Sur le plan intérieur, le climat politique se tend davantage, entre appels au dialogue inclusif, rumeurs de remaniement gouvernemental et mobilisations annoncées dans plusieurs villes du pays.
Une journée lourde, marquée par la douleur, la colère et l’urgence de réponses concrètes face à une crise devenue existentielle pour la RDC.
REVUE DE PRESSE DU LUNDI 15 DÉCEMBRE 2025
Nous ouvrons cette revue de presse par des chiffres glaçants. Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a révélé dimanche devant le Sénat que plus de 413 Congolais ont été tués par bombardements et exécutions sommaires lors de l’occupation d’Uvira par l’armée rwandaise et l’AFC/M23. Selon AFRICANEWS, ces violences s’accompagnent de centaines de cas de viols, d’incendies d’habitations et de pillages dans plusieurs localités, notamment Kamanyola, Katogota, Luvungi, Lubirizi, Sange, Kiliba et Uvira.
Face à cette situation, rapporte LEPOUVOIRDUPEUPLE.COM, la RDC a interpellé le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’adoption de mesures fortes et concrètes en vue de mettre fin à l’insécurité persistante dans l’Est du pays. Intervenant devant le Conseil, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé la communauté internationale à renforcer son engagement pour le retour de la paix.
Lors de cette même réunion, précise E-JOURNAL, les États-Unis ont exprimé leur « profonde préoccupation » et leur « extrême déception » face à la reprise des violences, accusant le Rwanda d’apporter un soutien militaire direct et sophistiqué au M23.
Selon INFOS27, Washington est allé plus loin en accusant ouvertement Kigali de diriger, d’équiper et de soutenir le M23, évoquant même le déploiement de systèmes d’armes sophistiqués et l’usage accru de drones suicides.
Mais pour CONGO NOUVEAU, ces déclarations américaines restent insuffisantes. Le journal estime que les actions criminelles de Kigali ne pourraient se poursuivre sans certaines garanties d’impunité, laissant planer des soupçons d’hypocrisie, voire de complicité, de la part de l’administration américaine.
Dans un ton sans détour, le Cardinal Fridolin Ambongo, cité par LA MANCHETTE, a fustigé l’accord de paix de Washington, incapable d’empêcher la chute d’Uvira. Pour l’archevêque de Kinshasa, le Pacte social CENCO-ECC demeure la seule voie crédible vers une paix durable dans l’Est de la RDC.
Même son de cloche dans LE POTENTIEL, qui critique sévèrement l’accord signé sous l’égide de Washington. Présenté comme une avancée diplomatique majeure, ce texte a volé en éclats face à la réalité du terrain. Les États-Unis apparaissent aujourd’hui comme des parrains impuissants d’un processus qu’ils ont eux-mêmes initié, tandis que l’AFC/M23 poursuit sa progression avec le soutien du Rwanda.
Pour LE PHARE, la question est désormais claire : l’accord de Washington aurait-il servi à endormir Kinshasa ? Cinq jours seulement après sa signature, ses limites sont déjà exposées au grand jour.
De son côté, LA PROSPERITÉ s’en prend durement à la classe politique congolaise, qu’elle accuse d’être davantage préoccupée par l’enrichissement personnel que par le sort des populations. Le journal dénonce une élite politique déconnectée, ayant abandonné toute notion de dignité humaine, laissant des millions de Congolais dans une misère profonde.
Sur le plan politique, LA TEMPÊTE DES TROPIQUES annonce un possible remaniement du gouvernement Suminwa. Après la chute d’Uvira, des sources évoquent une refonte majeure de l’exécutif, avec une réduction drastique du nombre de ministères, qui passerait de 56 à 25, dans un souci d’efficacité et de rationalisation.
Samedi dernier à Kinshasa, lors d’un échange avec la jeunesse, Félix Tshisekedi, rapporte LA PROSPERITÉ, a réaffirmé sa volonté de bâtir une armée congolaise plus forte et plus dynamique afin de mieux défendre l’intégrité et la souveraineté du territoire national.
Autre fait marquant : dans un message publié sur X et relayé par ACTU30.CD, Ferdinand Kambere a dénoncé les actes posés contre l’ancien président Joseph Kabila, après la perquisition de sa résidence de GLM, qu’il qualifie de dérive inquiétante de l’État de droit.
Même indignation exprimée par l’ancien gouverneur du Lualaba, Richard Muyej. Cité par AFRICANEWS, il juge la destruction de la résidence de Joseph Kabila inacceptable et profondément préoccupante.
Dans la capitale, le climat politique est particulièrement tendu. Selon LA MANCHETTE, malgré l’interdiction des autorités provinciales, Jean-Marc Kabund maintient sa marche pacifique prévue ce lundi, pour dénoncer les violences dans l’Est et exiger un dialogue national inclusif.
OURAGAN.CD confirme que Kabund persiste, dénonçant une violation de l’article 26 de la Constitution garantissant la liberté de manifestation.
À Lubumbashi également, rapporte FORUM DES AS, la mairie a interdit la marche du parti de Jean-Marc Kabund ainsi que toute autre manifestation publique, conformément aux décisions antérieures des autorités urbaines.
Toujours à Kinshasa, les autorités ont rejeté un appel anonyme à une « journée morte ». Dans un communiqué consulté par FORUM DES AS, le gouvernorat met en garde contre toute tentative de manipulation de la population en dehors du cadre légal.
Enfin, une information pratique pour les Kinois : selon LA TEMPÊTE DES TROPIQUES, la Police de circulation routière instaure un mois de courtoisie routière, du 15 décembre 2025 au 15 janvier 2026. Objectif : fluidifier le trafic et offrir un répit aux usagers pendant les fêtes de fin d’année.
Tapie Lutunu (089 169 48 34)
tapielutunu@gmail.com

