La province du Sud-Kivu est officiellement confrontée à un premier cas confirmé de la maladie à virus Ebola. L’annonce a été faite jeudi 21 mai par l’AFC-M23 à travers un communiqué portant sur la situation sanitaire dans les zones sous son contrôle.
Selon ce document, le cas confirmé provient de la zone de santé de Miti-Murhesa à Lwiro, située dans le territoire de Kabare. Il s’agit d’un homme de 28 ans en provenance de Kisangani. Le patient est décédé avant la confirmation officielle des résultats d’analyse.
Les tests effectués à Goma ont confirmé l’infection au virus Ebola. Les autorités sanitaires indiquent que l’inhumation du défunt a été réalisée conformément aux protocoles sanitaires en vigueur afin d’éviter toute propagation de la maladie.
Dans son communiqué, le porte-parole de l’AFC-M23, Lawrence Kanyuka, précise que plus de 200 échantillons suspects ont déjà été prélevés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À ce stade, deux cas positifs ont été confirmés, notamment un à Goma et un autre au Sud-Kivu.
Le mouvement affirme également que toutes les personnes ayant été en contact avec les cas confirmés ont été identifiées et placées sous surveillance sanitaire dans le respect des mesures de prévention.
Face à cette situation, les autorités sanitaires multiplient les appels à la vigilance. Elles exhortent la population au strict respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains, afin de limiter les risques de contamination.
Une réunion d’urgence avait déjà été organisée mardi dernier par la Division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu afin d’évaluer les mécanismes de riposte contre cette épidémie.
Parallèlement, les frontières terrestres entre la République démocratique du Congo et le Rwanda au niveau de Bukavu restent fermées depuis lundi sur décision des services d’immigration rwandais.
Le gouverneur du Sud-Kivu sous administration AFC-M23, Patrick Busu BwaNgwi Nshombo, a annoncé plusieurs mesures restrictives pour contenir la propagation du virus. Celles-ci incluent la limitation des déplacements non essentiels dans la zone de santé de Miti-Murhesa, particulièrement dans la localité de Lwiro, ainsi que l’interdiction temporaire des rassemblements non essentiels.
Les autorités provinciales ont également ordonné l’installation des dispositifs de lavage des mains dans les marchés, écoles, hôpitaux et autres lieux publics de Bukavu.
De son côté, le maire de Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa, insiste sur la sensibilisation communautaire. Il appelle les habitants à éviter les poignées de main, à respecter les gestes barrières et à signaler rapidement tout cas suspect aux équipes médicales.
Les autorités annoncent enfin qu’un plan de contingence est en cours de finalisation et qu’un numéro vert sera prochainement mis à la disposition de la population pour renforcer l’alerte et la prise en charge rapide des cas suspects.
Isaka Kijana

