La Société civile, Bureau des inspecteurs des droits de l’homme (SC BIDH RDC), coordination de Mwenga/Kamituga, interpelle le Coordonnateur national de la RAD sur la gestion des fonds destinés à la prise en charge des VDP Wazalendo et dénonce la persistance des tracasseries dans cette partie du Sud-Kivu.
Dans une correspondance adressée au coordonnateur national de la RAD ce samedi 22 août 2026, la structure demande des éclaircissements sur les 4 millions de dollars américains qui seraient débloqués chaque mois par le gouvernement congolais pour assurer la prise en charge des VDP Wazalendo.
Tout en saluant l’engagement des autorités dans l’accompagnement des volontaires engagés au front, la société civile s’interroge sur l’impact de ces fonds sur le terrain. Elle dénonce notamment la persistance des barrières payantes, des extorsions et d’autres tracasseries attribuées à certains porteurs d’armes présentés comme des Wazalendo.
Selon la correspondance, certaines barrières continueraient d’exiger jusqu’à 10 000 FC par passage, alors que le tarif convenu serait de 3 000 FC. La société civile évoque également des cas de confiscation de cartes d’électeur, d’amendes allant de 50 000 à 100 000 FC et de menaces de mort.
Face à cette situation, elle réclame la publication de la clé de répartition des 4 millions USD, ainsi que des montants effectivement destinés aux VDP Wazalendo du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, particulièrement ceux déployés à Mwenga et Kamituga.
La SC BIDH RDC demande également une prise en charge effective et traçable des combattants, notamment en matière de ration, de soins médicaux et de transport.
Elle exige en outre le respect des neuf barrières officielles au tarif de 3 000 FC, en attendant leur suppression totale le long de la RN2, ainsi que des sanctions contre les auteurs présumés de tracasseries et d’exploitations illégales.
La société civile rappelle par ailleurs l’existence d’un protocole d’accord signé le 24 avril 2026 à Mwenga, prévoyant notamment la réorganisation des postes de contrôle et leur transfert au gouvernement en cas de prise en charge des VDP.
Elle appelle les autorités nationales et provinciales à prendre leurs responsabilités afin de mettre fin aux pratiques dénoncées et de garantir à la fois la protection de la population et un encadrement efficace des VDP Wazalendo.
La structure prévient enfin qu’en l’absence de réactions concrètes dans les deux mois, la population pourrait envisager des actions citoyennes pour réclamer des réponses sur la gestion de ces fonds et la persistance des tracasseries.
Isaka Kijana

