Les récentes sorties médiatiques de Mwami Radjabu, haut cadre de l’AFC/M23 et en temps présenté comme gouverneur pressenti du Sud-Kivu pour le compte de la rébellion, mettent en lumière de profondes fractures internes au sein du mouvement armé. À travers plusieurs messages publics diffusés entre le 5 et le 9 février 2026, Mwami Radjabu s’en est violemment pris à certains responsables militaires de l’AFC/M23, en particulier au colonel Imani Nzenze, récemment promu chef des services de renseignement (G2).
Il accuse ce dernier d’« imposture », de dérives graves, d’ingérence dans les affaires civiles et de pratiques contraires aux idéaux revendiqués par la rébellion. Au-delà des attaques personnelles, ces déclarations traduisent un conflit ouvert entre la branche politique et la branche militaire du mouvement. Mwami Radjabu dénonce une confiscation du pouvoir politique par les militaires, affirmant que, dans les zones sous contrôle rebelle, les cadres civils seraient marginalisés au profit de l’appareil sécuritaire.
Plus grave encore, plusieurs sources concordantes indiquent qu’un proche parent de Mwami Radjabu aurait été enlevé par des éléments présumés du M23. Malgré des démarches entreprises par ce cadre rebelle pour obtenir sa libération, la victime aurait été tuée, selon les mêmes sources. Mwami Radjabu affirme craindre que son parent figure parmi les victimes de fosses communes clandestines évoquées dans ses dénonciations.
Dans ses prises de parole, il accuse certains responsables de la rébellion de séquestrations, arrestations arbitraires et exactions contre les civils, appelant les victimes à témoigner et sollicitant l’intervention de la hiérarchie de l’AFC/M23 ainsi que des organisations internationales.
Ces dénonciations publiques, inhabituelles au sein d’un mouvement armé réputé pour sa communication verrouillée, exposent au grand jour la face sombre et les tensions internes de la rébellion, fragilisée par des luttes de pouvoir, des règlements de comptes et des accusations graves entre ses propres cadres.
Tiré du compte X de Daniel Michombero/Ph Réveil Congo

