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Luanda : Paul Kagame prêt à rencontrer Félix Tshisekedi mais pour discuter de quoi ?

Il semble qu’il y ait des avancées positives dans la médiation du Président Angolais João Lourenço, mandaté par l’Union Africaine pour amener les deux protagonistes, à savoir, Paul Kagame et Félix Tshisekedi autour d’une table de discussions ou de négociations.

Ce, au regard de l’annonce du président rwandais Paul Kagame donnant son accord pour rencontrer son homologue congolais Félix Tshisekedi. Cette rencontre a été confirmée par le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete Antonio, après un entretien entre les présidents angolais João Lourenço et le rwandais Paul Kagame à Luanda, dans le cadre de sa mission de bons offices.

Désigné par l’Union Africaine, le président angolais João Lourenço va déterminer le lieu et la date de la rencontre entre les deux présidents.

Il est mentionné que les deux parties, le Rwanda et la RDC, ont accepté le principe selon lequel des délégations ministérielles travailleront en amont de la rencontre pour discuter des questions diplomatiques et de la rébellion en RDC. Ces étapes préliminaires visent probablement à faciliter des discussions plus constructives lors de la rencontre entre les deux présidents.

Il est important de noter que ces développements sont encourageants indiquent une volonté des parties concernées de résoudre les tensions et les problèmes existants de manière pacifique.

Négociation ou discussions ?

Le 22 Février au cours d’un briefing presse dans l’un des studios de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), le Président Félix Tshisekedi revenant de la 36ème session de l’UA à Addis Abeba, intervenait avec hargne du langage point dire qu’il ne sera pas question, si rencontre y en aura avec Kagame, de négocier, plutôt, ils vont discuter.

« Même en situation de conflit extrême les contacts existent toujours », avait-il reconnu. « La RDC rejette les négociations parce que c’est le Rwanda. Je veux des discussions avec le Rwanda, c’est lui mon agresseur », avait insisté Félix Tshisekedi.

Certes, il importe de relever qu’il y a nuance entre « négocier » et « discuter ». Ces deux vocabulaires n’ont pas la même signification.

Dans son ouvrage intitulé « De l’éthique de la discussion », Habermas explique clairement que « Discussion et négociation » constituent deux procédures langagières et deux modalités hétérogènes de règlement de nos conflits pratiques.

« L’usage ordinaire de ces deux termes tend le plus souvent à en faire des synonymes : au conflit social, on oppose indifféremment le dialogue ou la négociation. Pour autant, nous savons aussi intuitivement que des accords ont besoin d’être négociés dès lors qu’ils ne peuvent être obtenus par une discussion normale : ce qu’on escompte alors, ce n’est plus une entente de fond, mais une satisfaction des parties en présence ».

Et de poursuivre : « On négocie un armistice, on discute de la forme de paix qu’on considère comme la plus désirable et durable – il est d’ailleurs peu probable qu’une véritable paix puisse se négocier », a tranché Habermas. L’auteur relève que dans une discussion, on veut emporter l’adhésion, dans une négociation on veut simplement ne pas se faire « avoir » et obtenir un minimum de satisfaction par rapport aux attentes exprimées. On peut même à l’arrivée considérer que ces deux apparents synonymes doivent être compris selon des perspectives antinomiques : à l’indépassable partialité de la négociation il convient d’opposer le réquisit d’impartialité qui sous-tend la pratique de la discussion.

En claire, les négociations poursuivent des accords qui seront signés à la fin alors que la finalité des discussions n’est forcément pas les accords.

Ça sent mauvais

En raison de non-respect répété des engagements par Kigali, comme le cessez-le-feu de novembre 2022, la prochaine rencontre entre ces deux pays voisins pourrait bien se révéler infructueuse. Le cœur du problème susceptible de diviser les deux parties réside dans le traitement des questions fondamentales. Dans son orgeuil, Paul Kagame semble peu enclin à reconnaître son soutien au groupe rebelle du M23.

Les Congolais, qui semblent ne pas être favorables à la rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, surveillent attentivement ces discussions et leurs conclusions. Cependant, il est à noter que Kinshasa pourrait se retrouver en position de faiblesse lors de cette rencontre, étant donné que sur le terrain, le M23 continue de progresser de manière spectaculaire. En supposant que Kigali adopte une position arrogante, comment Kinshasa réagirait-il ? L’éventualité d’une démonstration de force pourrait être envisagée.

Akamus

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