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Affaire Chérubin Okende : Modero Nsimba va-t-il convaincre la Cour de cassation ?

Le Tribunal Près la Cour de cassation de la République démocratique du Congo poursuit ce vendredi la procédure de flagrance dans l’affaire Modero Nsimba, accusé de propagation de faux bruits.

Revenant de Makala où il a passé sa première nuit, ce Député va-t-il vraiment convaincre la Cour? Le procès est virulent au regard de toute son importance. Les juges retenus, bien que récusés par le collectif des avocats de l’ancien ministre du Tourisme, vont tenter de brandir un arsenal d’infractions pour faire imposer la rigueur de la loi, estime une certaine opinion. Lors de la première confrontation, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par la Défense a été rejetée par la Cour. Qu’en restera-t-il de Modero Nsimba et ses avocats dans ce combat ? Lui, un Député National validé par la Cour !

Défendant son Audio très controversé hier, en toute sérénité, il a accusé l’intelligence artificielle (en vogue à travers le monde et qui peut tout faire en réalité). L’autre opinion, par ailleurs, accorde du crédit à cette hypothèse.

Il peut, dans une large mesure, avoir raison. Car, actuellement, il est techniquement possible de créer des imitations de voix très réalistes à l’aide des techniques d’intelligence artificielle, comme la synthèse vocale par imitation. Cela pourrait potentiellement être utilisé à des fins malveillantes, comme nuire à la réputation de quelqu’un en imitant sa voix pour créer de fausses déclarations.

Mais puisque cela est possible, cela vaut autant le cas de Modero Nsimba ? Pas du tout.

Avant son verdict, la Cour devra normalement recourir aux experts informatiques et de l’IA pour vérifier l’authenticité des enregistrements vocaux attribués à Modero Nsimba.

L’audience publique en procédure de flagrance dans l’affaire Modero Nsimba a débuté le jeudi 21 mars 2024, à la Cour de cassation. L’ancien ministre congolais du Tourisme est poursuivi pour notamment, « imputation dommageable et propagation de faux bruits ».

Après l’identification du prévenu, ses avocats ont prétendu que la Cour de cassation n’a pas qualité de juger Modero Nsimba, sous prétexte que son mandat de député national n’est pas encore validé. Ce, en dépit de l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

Controverse autour de l’audio

Un autre membre du collectif de la Défense a déclaré devant la Cour de Cassation que « Le ministère public ne dira pas quand l’infraction de propagation de faux bruits a été commise. Par conséquent, la Cour de Cassation ne poursuivra pas cette audience (…) », croit-il savoir, avant de s’interroger : « Quand est-ce-que les déclarations imputées à notre client ont été faites ? »

Le collectif des avocats de Modero Nsimba a insisté sur la nécessité de connaître l’origine du document sonore sur lequel se base la Cour de Cassation pour charger son client. « Nous voulons savoir d’où vient cet audio et qui vous l’a remis ? », ont-ils demandé avec insistance à la Cour.

Dans sa réplique, le ministère public a indiqué qu’il appartient à la partie défenderesse de démontrer l’irrégularité de la preuve. « Nous avons produit une preuve matérielle qui est là. C’est un audio venu de services de sécurité que nous avons obtenu par les techniques d’enquête. C’est une pièce déterminante que nous avons produite devant le juge », a rétorqué le ministère public.

« Je ne reconnais pas m’avoir enregistré un son et publié. Je ne reconnais même pas ma voix dans l’audio diffusé sur les réseaux sociaux. Il y a des séquences où il y a un fond sonore. Je n’ai jamais fait un commentaire sur la mort de Chérubin, mais j’ai relaté les faits comme ç’a été rapporté par Jeune Afrique », a affirmé le prévenu Modero Nsimba.

Et d’ajouter : « à ma grande surprise, j’ai été invité par les renseignements militaires où j’ai trouvé un audio monté avec ma voix. J’ai reconnu une partie de ma voix sur un fond sonore », a-t-il plaidé, parlant d’« un montage réalisé grâce à l’intelligence artificielle ».

L’audience de Modero Nsimba est renvoyée à ce vendredi 22 mars. Le prévenu est actuellement en détention préventive, mode résidence surveillée, après son incarcération à la prison militaire de Ndolo.

Rappel des faits

Il sied de rappeler que le député national Modero Nsimba a été transféré mardi 19 mars à la prison militaire de Ndolo, après 48 heures de garde à vue dans les locaux des renseignements militaires.

Il est accusé de « propagation de faux bruits ». Mais, l’on sait qu’un élément sonore lui attribué circule dans les réseaux sociaux et reprend des propos de l’élu de Moanda (Kongo Central), dans ce qui apparaît comme un échange privé qui serait enregistré à son insu.

Dans cet audio, Modero soutient la thèse selon laquelle, c’est bel et bien les renseignements militaires qui auraient tué Chérubin Okende à cause d’un conflit parcellaire avec Christian Tshisekedi, le frère du chef de l’Etat.

Retrouvé mort le 12 juillet 2023 dans sa voiture sur la route des Poids Lourds, dans la commune de la Gombe, l’ex-ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement a été inhumé le mercredi 20 mars 2024.

L’on se rappelle aussi que dans cette affaire de la mort de Okende, le journaliste Stanis Bujakera, correspondant de Jeune Afrique et directeur de publication adjoint à Actualite.cd a passé six mois en prison et a été condamné au terme d’un procès tant décrié par les organisations de défense des droits de l’homme et les missions diplomatiques occidentales.

Par ailleurs, selon les conclusions du parquet, Chérubin Okende s’était suicidé. Le Procureur général près la Cour de Cassation, Firmin Mvonde, a même instruit le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/ Gombe d’interpeller toute personne qui serait auteure des « commérages » autour des conclusions de l’enquête sur le décès de l’ex-ministre Okende.

Réveil Congo 

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