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Assemblée Nationale : l’heure des sanctions a sonné, malaise à l’Union Sacrée ?

D’après plusieurs observateurs, la tension observée lors de la plénière du vendredi 22 novembre 2024 à l’Assemblée nationale n’est que la partie émergée de l’iceberg. Cet incident, en apparence anodin, doit être replacé dans un contexte plus large, marqué par des enjeux brûlants en République démocratique du Congo : le débat autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution, la guerre persistante à l’Est avec des résultats mitigés de l’état de siège, le marasme économique, l’insécurité galopante tant en province qu’à Kinshasa, et les défis quotidiens tels que les embouteillages monstres ou l’insalubrité croissante.

Certains analystes y voient aussi l’expression d’un malaise latent au sein de l’Union sacrée de la Nation, la méga-plateforme politique qui a porté Félix Tshisekedi à la magistrature suprême pour son second et dernier mandat constitutionnel. Tandis que le président s’est récemment prononcé en faveur d’une révision constitutionnelle, des figures majeures de cette coalition, telles que Vital Kamerhe ou Jean-Pierre Bemba, gardent un silence énigmatique qui suscite des interrogations.

En effet, bien que l’Union sacrée soit au centre de la gestion du pays, l’initiative d’une révision constitutionnelle semble davantage émaner de l’UDPS, plutôt que d’un consensus au sein de la plateforme. Chaque partenaire politique semble préserver ses propres ambitions futures, ce qui explique la réticence de certains leaders à soutenir ouvertement cette idée. Modifier ou réviser la loi fondamentale pourrait les placer dans une position délicate, d’où leur réserve actuelle. Félix Tshisekedi, conscient des tensions sous-jacentes, observerait attentivement ses alliés et pourrait agir en conséquence au moment opportun.

Le gouvernement Suminwa dans le viseur

Par ailleurs, il apparaît que certains députés de l’UDPS désapprouvent la manière dont le pays est gouverné. En contact direct avec les réalités du peuple, ils mesurent l’ampleur des souffrances qui ne cessent de croître, notamment dans une capitale devenue presque invivable. L’insalubrité, les dégâts causés par les pluies, l’insécurité et les embouteillages font partie des griefs les plus cités.

Certains députés du parti présidentiel auraient même signé un document auquel Vital Kamerhe a fait référence, visant à destituer la Première ministre Judith Suminwa. Cependant, ces élus préfèrent rester dans l’ombre pour éviter des représailles. Cette attitude soulève une question essentielle : jusqu’à quand cette hypocrisie politique pourra-t-elle durer ? L’opposition, trop minoritaire, ne pourrait réussir une telle manœuvre sans le soutien de la majorité.

Ainsi, la responsabilité incombe à cette dernière. Elle devra, en toute lucidité, évaluer les actions du gouvernement et, si nécessaire, prendre des mesures correctives au nom du peuple congolais, principal victime de la crise actuelle.

Pour rappel, lors de la plénière du vendredi 22 novembre consacrée à l’examen du budget 2025, une intervention a suscité une certaine tension entre Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et des députés de l’UDPS. Tout a commencé lorsque Kamerhe a évoqué la possibilité qu’un groupe de députés de l’UDPS envisage de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Visiblement agacé par cette information, il a invité à ouvrir le secrétariat pour permettre le dépôt de la motion, tout en déclarant qu’en tant que parti présidentiel, l’UDPS savait ce qu’il faisait. Vital Kamerhe aurait également exprimé son inquiétude quant aux éventuelles interprétations de cette situation, affirmant qu’il ne souhaitait pas être tenu responsable par la suite.

Ces propos ont manifestement déplu aux députés de l’UDPS. Daniel Aselo, ancien ministre de l’Intérieur, avait pris la parole pour critiquer le « ton » et les « gestes » manifestant, selon lui, de l’énervement de la part de Vital Kamerhe. Il a reproché à ce dernier d’avoir réagi de manière disproportionnée dès qu’il avait appris que des députés de l’UDPS étaient impliqués, estimant que cette attitude revenait à exposer publiquement le parti devant la nation.

Aselo a également appelé le président de l’Assemblée nationale à adopter une posture plus respectueuse envers l’UDPS, en rappelant leur partenariat au sein de l’Union sacrée et leur soutien commun au président Félix Tshisekedi. Selon ses propos, le parti présidentiel mérite un traitement plus favorable de la part de Kamerhe, qu’il a exhorté à reconsidérer son attitude envers eux.

Alexis Gisaro sacrifié

Un groupe de 57 députés a déposé, le vendredi 22 novembre, une motion de défiance contre Alexis Gisaro, ministre d’État chargé des Infrastructures et Travaux publics, en poste depuis 2021. Les signataires reprochent à ce dernier l’état de délabrement avancé des infrastructures relevant de son secteur, malgré les nombreux projets initiés sous sa tutelle. Parmi ces initiatives, figurent notamment Kinshasa zéro trou et Tshilejelu, des programmes censés matérialiser la vision du président Félix Tshisekedi en matière d’amlioration des infrastructures.

Dans leur motion, les députés dénoncent l’échec des projets lancés, certains ayant été interrompus après leur démarrage, d’autres n’ayant jamais vu le jour. Ils soulignent que le ministère dirigé par Alexis Gisaro n’a pas réussi à concrétiser la volonté du chef de l’État d’améliorer les conditions de vie des Congolais, notamment dans les secteurs sociaux de base. Selon eux, l’absence de travaux d’envergure à travers le pays reflète une incapacité à donner aux citoyens l’espoir d’un avenir meilleur.

Les élus fustigent également la dégradation des routes, particulièrement à Kinshasa, qu’ils qualifient de miroir et de porte d’entrée de la République démocratique du Congo. Ils pointent en outre le dysfonctionnement des structures rattachées au ministère, aggravant la situation. La lettre accompagnant cette motion a été signée par Marcel Zuma, député de l’UDPS élu dans le Bas-Uele.

Ce dépôt intervient après une intervention récente d’Alexis Gisaro devant l’Assemblée nationale, où il répondait à des questions orales initiées par plusieurs députés. À l’issue de cet exercice, une majorité de parlementaires s’était déclarée insatisfaite de ses réponses, ce qui a probablement contribué à l’initiative de cette motion. C’est donc le Lundi prochain, que l’on doit attendre une suite de cette motion. L’UDPS a toutes les cartes entre ses mains : entre refuser de sanctionner et protéger Gisaro. Au peuple de juger !

AKAMUS

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