Plus de 30 jours de discussions à Doha pour une promesse de trêve qui s’évapore dans le silence. L’AFC/M23 a discrètement rappelé ses représentants, sans explication publique. Pendant ce temps, sur le terrain, les rebelles poursuivent leur avancée.
C’est un rappel qui en dit long. Après plus d’un mois de négociations à Doha avec la délégation congolaise, les représentants de l’AFC/M23 ont quitté le Qatar. La délégation conduite par Benjamin Mbonimpa, l’un des deux Secrétaires Permanents du mouvement, a regagné Goma en début de semaine, selon plusieurs sources. Aucun mot. Aucune déclaration. Un silence pesant qui tranche avec les envolées diplomatiques saluant la « déclaration commune » publiée il y a quelques jours.
Ces pourparlers, censés baliser la voie vers une trêve et, à terme, un cessez-le-feu durable, restent entourés d’un épais nuage de mystère. Rien ou presque n’a filtré de ces échanges pourtant cruciaux pour l’avenir de la paix à l’Est de la République démocratique du Congo. L’opinion congolaise, principale concernée, est tenue à l’écart d’un processus qui prétend pourtant œuvrer à une « paix durable ».
Sur le terrain, la réalité contredit les intentions : les rebelles de l’AFC/M23 continuent de gagner du terrain dans plusieurs zones de l’Est. La cessation immédiate des hostilités, promise dans le communiqué de Doha, reste lettre morte. À quoi ont donc servi ces trente jours de pourparlers ? Pourquoi ce retrait des délégués sans aucune explication ?
L’ambiguïté du mouvement dirigé par Corneille Nangaa, qui a gardé un silence stratégique depuis ce rappel, alimente les doutes sur sa volonté réelle de paix. Le gouvernement congolais, quant à lui, reste muet face à cette évolution inattendue. Aucun point de presse, aucune clarification. Les Congolais sont livrés à eux-mêmes, une fois de plus.
Ce dialogue censé aborder « les causes profondes de la crise » semble aujourd’hui suspendu dans les airs. La médiation qatarie, pourtant saluée par les deux parties, ne suffit pas à dissiper les inquiétudes. L’AFC/M23 rentre, la guerre continue, et la paix reste une promesse ajournée.

