A l’issue de son étude sur la gestion des fonds alloués aux élections en RDC, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Locales a appelé la justice à diligenter des enquêtes sur la gestion de la CENI et de réprimer sévèrement les mauvaises pratiques conformément au code pénal Congolais. Face au silence de l’IGF, cette structure lui recommande de justifier aux contribuables congolais l’absence de ses missions de contrôle à la centrale Électorale.
En effet, la gestion de La centrale Électorale congolaise est mise à nue, par des révélations sanglantes d’une étude comparative menée par le Centre de Recherche en Finances Publiques et Local (CRFPL). Bref, un constat amer s’y dégage. Voici quelques faits saillants à retenir : dépassement budgétaire de 400 millions de Dollars américains, prépondérance de gré à gré (83%), marchés doublonnées, surfacturation de plus de 14 millions de bulletins de plus que d’enrôlés.
À cet effet, l’étude révèle une hausse de 25,1% des dépenses de la CENI entre les deux cycles Électoraux. De Décembre 2021 à Novembre 2023, le gouvernement a effectué un versement de 1 091 479 898 $ à la CENI pour financer les opérations électorales contre une demande de 1,1 milliards $. Comparé aux budgets votés de 711 millions USd , il se dégage un taux d’exécution de 153% en dépassement de 53,31 %. De son côté, la CENi a déclaré de n’avoir reçu que 930 millions $. L’écart entre le montant déclaré reçu et celui décaissé par le Trésor public est de 161 millions.
Dans un autre chapitre, le CRFPL démontre que les effectifs du personnel de la CENI sont passés de 1369 en 2020 sous la présidence de Corneille NANGAA, à 3240 en 2022, après l’entrée en fonction de l’actuel bureau ,soit une augmentation de 1871 agents (57,7%). Il se dégage que que les effectifs non reconnus par le Trésor public et sur les listings de paie sont évalués à 117 agents rémunérés par la CeNi.
S’agissant des avantages indus au personnel politique, la CENI a reçu du gouvernement 2 millions USd au lieu de 133 137
« Des marchés sur-financés et/ou dupliqués : la CENI a acheté 58 315 000 cartes d’électeurs auprès de MIRU SYSTEMS SARL pour 43.941.891 d’électeurs enrôlés. L’enquête révèle que 14 373 109 cartes d’électeurs n’ont pas été utilisées. Comme si cela ne suffisait pas, en 2023 la CENI a encore dépensé 1.000.000 USD pour acheter des cartes d’électeurs supplémentaires afin de délivrer des duplicatas », lit-on.
S’agissant des machines à voter,
« Des marchés surfacturés : la CENI a commandé 33.000 machines à voter neuves, qui ont coûtés 109 869 726 USD pour compléter le stock de 80.000 acquis en 2018 dans le cadre des scrutins du 20 Décembre 2023. Après constations des affectations, ce montant payé à Miru Systems pour les 33.000 machines dégage un dépassement de 62.778.726 USD ».
Lisez le rapport ici :
RAPPORT_FINAL_Etude_Marchés Publics et Transparence budgétaire de la CENI_RDC (2)

