La publication, ce 10 novembre 2025, de la liste des candidats retenus pour l’élection du Bureau de l’Assemblée nationale confirme une réalité désormais habituelle : chaque poste n’a enregistré qu’un seul candidat validé. Une configuration qui transforme ce qui aurait dû être une compétition démocratique en une simple formalité administrative.
Selon les conclusions présentées par le Rapporteur de l’Assemblée nationale, le Professeur Jacques Ndjoli, les candidatures retenues sont celles de l’Honorable Aimé Boji Sangara pour la présidence du Bureau et de l’Honorable Clotilde Mutita Kalonga pour le poste de Rapporteur adjoint. Aucune autre candidature, ni de l’opposition ni des non-inscrits, n’a été jugée recevable par la commission technique.
Cette absence de véritable concurrence laisse planer une évidence : les deux personnalités sont assurées d’intégrer le Bureau, sauf rebondissement majeur. Le vote à venir ne sera qu’une étape protocolaire destinée à entériner des choix déjà figés dans les faits.
Mais la décision de la commission ne passe pas au sein de l’opposition. Le député national élu de l’Ituri, Gratien Iracan, candidat rejeté au poste de Rapporteur adjoint, dénonce une décision arbitraire et annonce une riposte judiciaire : « Je suis dans mon droit de saisir le Conseil d’État pour : l’annulation de la décision pour excès de pouvoir ; la suspension de l’exécution en urgence (référé-suspension) ; le rétablissement du droit de participation au scrutin. » Une démarche qui vise à contester ce qu’il considère comme un verrouillage politique orchestré par la majorité.
Pour plusieurs analystes, cette configuration révèle effectivement une maîtrise totale du processus par la majorité parlementaire, du dépôt à la validation des candidatures. L’opposition, elle, apparaît soit marginalisée, soit dans l’impossibilité de faire valider ses profils par la commission.
Le Professeur Ndjoli affirme pourtant que toutes les décisions ont été prises dans le strict respect du Règlement intérieur. Mais derrière ces assurances juridiques se cache une réalité politique : l’équilibre actuel des forces à l’hémicycle laisse très peu de place à un véritable pluralisme.
En somme, l’élection annoncée n’aura rien d’un affrontement démocratique. Elle servira avant tout à officialiser l’entrée au Bureau de figures dont la victoire semblait acquise avant même l’ouverture du processus.
Martin Tadiya, Actu2.cd

