Le débat sur la révision de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC) prend de l’ampleur, avec des voix de plus en plus nombreuses appelant à une refonte totale de la loi fondamentale. Parmi les partisans de cette réforme, André Alain Atundu, ancien cadre du Front Commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique de Joseph Kabila, et aujourd’hui allié de Félix Tshisekedi, exprime clairement son soutien à la création d’une quatrième République et à un changement constitutionnel profond.
Atundu, qui a traversé les différentes époques politiques du pays, du régime Mobutu à celui de Kabila, et désormais sous Tshisekedi, est catégorique : « Je suis pour la quatrième République, pour le changement de la Constitution », a-t-il déclaré. Pour lui, l’actuelle loi fondamentale, adoptée en 2006, est inadaptée aux réalités et aux défis actuels du pays. Il appelle à la modification des dispositions intangibles de la Constitution, afin de permettre un mandat présidentiel plus long.
Selon Atundu, un mandat de cinq ans, comme le prévoit actuellement la Constitution, est insuffisant pour mener à bien les réformes et la reconstruction nécessaires en RDC. « Si le peuple dit prends 20 ans, il peut prendre, mais à condition que ce mandat tienne compte des réformes et des constructions du pays », a-t-il argumenté, précisant que la durée du mandat présidentiel doit également refléter la nécessité de surmonter les divisions et les tensions internes au pays.
Interrogé sur les liens entre la Constitution actuelle et les problèmes persistants de sécurité, notamment la guerre à l’est et les phénomènes de banditisme urbain, Atundu a clarifié sa position : la Constitution en elle-même ne bloque pas la résolution de ces crises. « Ce n’est pas la Constitution qui empêche la fin de la guerre ou des ‘kulunas’ », a-t-il expliqué. Selon lui, c’est plutôt la mauvaise foi de certains Congolais qui freine le développement du pays. Il pointe du doigt l’absence de volonté politique et l’inefficacité des institutions comme les véritables obstacles à la paix et au progrès.
Ce soutien d’André Atundu au changement constitutionnel et à l’avènement d’une quatrième République soulève cependant des questions parmi les observateurs. Tandis que certains voient dans cette proposition une opportunité de renforcer les institutions et de stabiliser durablement le pays, d’autres craignent une dérive autoritaire, où le prolongement des mandats pourrait être perçu comme une manière de consolider le pouvoir en place.
AKAMUS

