Un quart de la population congolaise continue de souffrir de la faim, principalement en raison des conflits armés et des déplacements de populations, ont alerté jeudi les agences humanitaires des Nations Unies. Ces dernières soulignent que la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo (RDC) demeure alarmante, sans aucune amélioration notable.
Selon le dernier rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), l’insécurité alimentaire reste stable à des niveaux critiques dans l’ensemble du pays, mais s’aggrave particulièrement dans les régions orientales. Actuellement, 6,2 millions de personnes seraient confrontées à des situations de crise ou d’urgence alimentaire. Au total, plus de 25 millions de Congolais subissent des niveaux critiques ou d’urgence d’insécurité alimentaire, dont 800 000 personnes supplémentaires depuis seulement trois mois.
« Les données de l’IPC parlent d’elles-mêmes. Il est impératif d’agir et d’apporter une aide adéquate aux moyens de subsistance des populations touchées. La FAO est déterminée à renforcer la résilience des ménages face à l’insécurité alimentaire, notamment en proposant des interventions adaptées aux impacts du changement climatique dans les domaines de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage », a déclaré Aristide Ongone Obame, Représentant de la FAO en RDC.
Les causes principales de cette insécurité alimentaire aiguë sont multiples : la violence armée persistante, la poursuite des conflits, et l’augmentation des prix des denrées alimentaires, qui affectent particulièrement les populations déplacées et les retournés. Selon la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), la situation est encore plus critique dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les conflits s’intensifient.
Le Tanganyika, gravement touché par de récentes inondations, est désormais la province la plus affectée par l’insécurité alimentaire. Les déplacements massifs, les perturbations agricoles et le manque d’infrastructures exacerbent la crise.
Malgré tout, la RDC possède des terres fertiles et des ressources en eau abondantes qui pourraient lui permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Cependant, les conflits, les effets du changement climatique, les épidémies et le manque d’investissements dans le développement rural freinent ce potentiel.
Avec plus de 6,5 millions de déplacés dans les provinces de l’est, le pays fait face à une crise alimentaire aggravée par des tensions géopolitiques et des luttes pour les ressources naturelles. Une solution durable nécessite une intervention immédiate et coordonnée pour stabiliser la situation et exploiter le potentiel agricole du pays.

