Ce mercredi 17 décembre 2025, l’actualité congolaise s’inscrit dans une séquence à haute intensité politique, diplomatique et sécuritaire.
L’annonce d’un retrait conditionnel de l’AFC/M23 d’Uvira, sous l’impulsion directe de Washington, place Kinshasa face à un moment charnière : saisir l’opportunité d’un rapport de force diplomatique plus favorable tout en évitant les pièges d’un apaisement de façade. Si certains médias saluent un soutien assumé de l’administration américaine à la RDC, d’autres appellent à la prudence, rappelant les zones d’ombre entourant ce retrait et les réalités persistantes sur le terrain.
Parallèlement, le front judiciaire et politique se durcit, entre la poursuite du dossier Roger Lumbala et l’arrestation controversée d’Emmanuel Ramazani Shadary, qui ravive les débats sur l’État de droit et la cohésion nationale. Une journée révélatrice des tensions profondes qui traversent le pays, entre espoirs, méfiances et lignes rouges à ne pas franchir.
REVUE DE PRESSE DU MERCREDI 17 DÉCEMBRE 2025
Sous la pression de Washington, l’AFC/M23 annonce un retrait conditionnel de la ville d’Uvira, moins d’une semaine après la prise de cette cité stratégique du Sud-Kivu. Présentée comme un geste d’apaisement, cette décision, analyse CHRONIK’ECO, ouvre en réalité une séquence décisive pour Kinshasa, désormais confrontée à un dilemme stratégique majeur : tirer profit d’un contexte diplomatique favorable sans compromettre sa souveraineté ni entériner un nouvel équilibre sécuritaire défavorable dans l’Est de la RDC.
Pour LE NOUVEL OBSERVATEUR, Donald Trump a clairement tranché en faveur de Kinshasa. L’administration Trump aurait ainsi pris fait et cause pour la RDC. Après plusieurs années d’isolement diplomatique et d’humiliations, Kinshasa peut désormais se réjouir de compter sur l’appui de l’homme le plus puissant de la planète, estime le journal.
Mais gare au triomphalisme, avertit CONGO NOUVEAU. Le tabloïd appelle le gouvernement à éviter toute autosatisfaction et à poursuivre, sans relâche, la reconstruction et le renforcement de l’armée nationale afin de mettre définitivement fin aux humiliations infligées par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23.
De son côté, RFI.FR relève de nombreuses zones d’ombre autour du retrait annoncé de l’AFC/M23. Première incertitude : l’absence de calendrier précis. Le groupe rebelle ne donne aucune indication claire sur la date effective de son départ et, sur le terrain, ses combattants étaient toujours visibles dans les rues d’Uvira mardi. Deuxième ambiguïté : l’ampleur réelle du retrait. L’annonce concerne la ville d’Uvira, mais reste muette sur l’ensemble du territoire d’Uvira, une entité administrative bien plus vaste.
Pour LA PROSPÉRITÉ, le retrait présenté comme une « mesure unilatérale de confiance » ressemble davantage à un stratagème destiné à réorienter les discussions vers un cadre congolais, tout en diluant la responsabilité directe du Rwanda dans les tensions régionales.
Selon INFOS27, l’annonce du retrait confirme surtout l’autorité de Kigali sur la guerre dans l’Est de la RDC. La médiation américaine ne s’est pas adressée à l’AFC/M23, mais bien à un État, le Rwanda, signataire des accords de Washington. Les cartes seraient désormais clairement abattues.
Un point de vue partagé par LE PHARE, qui estime que ce n’est pas réellement l’AFC/M23 qui se retire, cette coalition ne jouant qu’un rôle de figurant. Le journal considère plutôt que ce sont les forces rwandaises, présentes sur le sol congolais, qui amorcent un repositionnement, les combattants du M23 servant de paravent à l’agression rwandaise.
Pendant ce temps, la justice congolaise tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence de fausses informations liées à la situation sécuritaire du pays. Dans un communiqué consulté par LEPOUVOIRDUPEUPLE.COM, le Procureur général près la Cour de cassation dénonce la propagation de rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux et certains médias, en lien avec la guerre imposée à la RDC.
Dans un document officiel dont FORUM DES AS s’est procuré copie, le Procureur général fustige le regain de diffusion de « ragots » observé ces derniers temps. Des informations mensongères qui, selon lui, visent à démoraliser les forces loyalistes engagées sur les différents fronts.
Sur le plan judiciaire, INFOS27 révèle que Roger Lumbala, condamné à trente ans de réclusion criminelle à Paris, a annoncé son intention de faire appel. En prolongeant cette bataille judiciaire, l’ancien opposant congolais remet au premier plan une page sombre de la guerre en Ituri, vingt-trois ans après l’opération tristement célèbre « Effacer le tableau ».
Pour l’ACAJ, citée par LA RÉFÉRENCE PLUS, cette condamnation constitue un avertissement clair à l’endroit de tous les auteurs de crimes liés au M23-AFC. L’organisation estime que ce verdict envoie un message fort contre l’impunité, tant aux rebelles qu’à leurs soutiens.
L’actualité politique est également marquée par l’arrestation d’Emmanuel Ramazani Shadary. Selon RFI.FR, l’ancien candidat à la présidentielle de 2018 et secrétaire permanent du PPRD a été interpellé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, dans un contexte politique particulièrement tendu, près de trois mois après la condamnation à mort de l’ex-président Joseph Kabila.
En réaction, Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, cité par OURAGAN.CD, dénonce une opération menée dans des conditions préoccupantes, estimant que de telles méthodes fragilisent davantage la cohésion nationale.
Dans un message audio en lingala devenu viral sur les réseaux sociaux, l’épouse d’Emmanuel Ramazani Shadary, relayée par LA RÉFÉRENCE PLUS, décrit une intervention musclée et inattendue au domicile familial.
Pour LE QUOTIDIEN, l’arrestation de Ramazani Shadary constitue un signal alarmant pour la cohésion nationale. Interpellé à son domicile par le Conseil national de cyberdéfense, cet événement soulève de nombreuses interrogations sur la liberté d’expression, la violence politique et le respect des droits fondamentaux en RDC.
Enfin, AFRICANEWS rapporte l’indignation de Christian Mwando après la perquisition de sa résidence à Moba. Le chef de l’Opposition à l’Assemblée nationale affirme que cette opération, menée mardi à Kirungu, dans la province du Tanganyika, s’est déroulée sans base légale.
Un communiqué parvenu à OPINION-INFO.CD précise que la perquisition au domicile de Christian Mwando Nsimba, cadre du parti Ensemble, aurait été effectuée sans présentation d’aucun mandat légal.
Tapie Lutunu (089 169 48 34)
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