L’Archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a, dans son homélie de la vigile pascale prononcée à Kinshasa, le Samedi 30 Mars en la cathédrale notre Dame du Congo, exprimé un profond désarroi face à « l’abandon et à la souffrance endurés par le peuple congolais », notamment par la guerre imposée du Rwanda dans la partie Est du pays, par la décote monétaire et la flambée des prix des biens de premières nécessités, la dégradation de l’environnement congolais, la disparité salariale entre le corps scientifique et professoral et les députés qui perçoivent des émoluments importants.
Il a dénoncé vigoureusement l’ingérence étrangère dans les affaires du pays, soulignant que les Indiens et les Libanais exercent un contrôle économique oppressant, avec la complicité des autorités locales. Cette domination étrangère est telle que même dans leur propre pays, les Congolais se sentent impuissants et opprimés, a-t-il martelé.
Le cardinal exhorte également à la résilience et à la résistance contre l’oppression. Corrélativement à l’homélie de la vigile pascale, s’inspirant de l’histoire de l’Exode, il a encouragé le peuple congolais à ne pas accepter passivement son sort. Il met en garde contre le risque de division et de démantèlement du pays, soulignant que le Congo est déjà en train d’être morcelé devant les yeux tous, sans des réactions conséquentes pour arrêter l’hémorragie.
Ambongo met en lumière le décalage entre les dirigeants du pays, qu’il accuse d’être déconnectés de la réalité du peuple, et la souffrance endurée par la population. Il appelle à la prise de conscience collective et à l’action pour construire un avenir meilleur, déclarant que la résurrection du Christ doit inspirer des actions de paix et de justice pour tous les citoyens congolais.
En conclusion, le cardinal Ambongo lance un appel vibrant à la solidarité, à la vigilance et à la détermination face aux défis auxquels est confronté le peuple congolais. Il affirme que la grâce de la résurrection n’est pas une invitation à la résignation, mais une source d’énergie pour combattre les forces destructrices qui assaillent la RDC.
Aubin KANDEMBI

