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Économie

ARSP : Du rêve au cauchemar financier, le pillage méthodique de Miguel Kashal sous l’œil complice de Jules Alingete

Créée en 2018 pour réguler la sous-traitance dans le secteur privé en RDC, l’Autorité de régulation de la sous-traitance (ARSP) a suscité beaucoup d’espoirs, notamment auprès des petites et moyennes entreprises congolaises. Placée sous la tutelle du ministère en charge des PME, cette institution publique a enregistré des performances notables, mobilisant plus de deux milliards de dollars à travers des contrats avec les géants des secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Pourtant, derrière cette vitrine reluisante, se cache un effondrement orchestré, un pillage en règle.

Aux commandes de cette dérive : Miguel Katemb Kashal, Directeur Général depuis fin 2022. À peine nommé, l’homme promettait de « faire des Congolais des millionnaires ». Mais dans les faits, selon plusieurs témoignages internes, il s’est d’abord assuré de sa propre fortune. La gestion de l’ARSP sous son règne est aujourd’hui décrite par ses propres agents comme un « naufrage organisé ».

Entre détournements massifs, retrait en espèces de plusieurs dizaines de millions de dollars à la Sofibanque, salaires impayés, soins médicaux suspendus, factures d’eau et d’électricité non réglées, cotisations sociales éludées et prêts bancaires sans traçabilité, tout indique une gestion opaque et prédatrice. Pire, certains retraits seraient allés jusqu’à financer des campagnes électorales personnelles et partisanes.

Le contraste est glaçant : alors que l’ARSP est censée recevoir jusqu’à 150 millions USD de redevance annuelle, son personnel cumule des arriérés, travaille dans des conditions déplorables et voit ses droits bafoués. Les témoignages recueillis évoquent un climat de peur, de népotisme et d’abus de pouvoir.

Mais ce qui choque davantage, c’est le silence assourdissant de l’Inspection générale des finances (IGF), censée contrôler la régularité des opérations financières dans les établissements publics. Malgré la présence constante de ses agents dans le cadre de la « patrouille financière », l’IGF dirigée par Jules Alingete n’a publié aucun rapport sur les graves irrégularités qui gangrènent l’ARSP. Une passivité qui frise la complicité, selon plusieurs observateurs.

D’ailleurs, les écarts entre les chiffres officiels présentés à la hiérarchie et les données issues des documents comptables – notamment la différence entre un budget déclaré de 47 millions USD et une réalité de 76 millions USD en 2023 – soulignent l’ampleur des fausses déclarations fiscales, un terrain où le rôle de l’IGF aurait dû être déterminant.

L’ARSP, qui incarnait une véritable opportunité pour dynamiser l’économie congolaise en appuyant les PME locales, est aujourd’hui au bord du gouffre, vidée de sa substance par un management cupide et sans scrupule. Miguel Kashal, au lieu de promouvoir le développement local, a préféré installer un système de prédation digne d’un cartel. Le mutisme de l’IGF, pourtant vigilante ailleurs, suscite de nombreuses interrogations. Faut-il y voir une protection politique ? Une complicité d’État ? Ce scandale, qui mêle enrichissement personnel, corruption institutionnelle et déni de justice sociale, mérite plus qu’une enquête : il appelle à des sanctions exemplaires et à une réforme en profondeur des mécanismes de contrôle des finances publiques en RDC.

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