Le partenariat stratégique signé à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, portant notamment sur l’exploitation des minerais critiques et le développement d’infrastructures, continue de susciter une vive controverse au sein de l’opinion congolaise. Au cœur du débat, une contradiction de plus en plus marquée oppose Mgr Fulgence Muteba Mugalu, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, au gouvernement, représenté par son porte-parole Patrick Muyaya.
Lors de son homélie de la messe de Nativité célébrée le 25 décembre à Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de « bradage des minerais ». Il s’est interrogé publiquement sur l’existence d’un accord d’exploitation de 99 ans, estimant qu’« hypothéquer l’avenir d’une nation pour sauver un régime » revient à sacrifier les générations futures. Pour le prélat catholique, ces accords relèvent d’une « fausse amitié » et s’inscrivent dans une logique de « colonialisme économique », où les grandes puissances convoitent les ressources naturelles africaines au détriment des populations locales.
Mgr Muteba a également exprimé sa crainte de voir la RDC devenir un nouveau champ de bataille géostratégique entre puissances occidentales et la Chine, avec un coût humain et social supporté par les Congolais. Des propos qui ont trouvé un large écho, mais aussi provoqué une réaction immédiate du gouvernement.
Sur son compte X, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a vivement contesté ces affirmations. Il a assuré qu’« il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, ni cession de souveraineté ». Selon lui, le texte signé définit uniquement des principes de coopération transparents, fondés sur un partenariat « gagnant-gagnant », tout en garantissant à l’État congolais le droit de refuser toute proposition contraire à l’intérêt national.
Patrick Muyaya a par ailleurs reproché à Mgr Muteba de ne pas avoir tenu des propos aussi fermes pour dénoncer l’agression dans l’Est du pays, notamment les violences attribuées aux groupes armés soutenus par le Rwanda, ayant provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils.

