Le vendredi 2 mai 2025, la ville de Kinshasa s’est réveillée sous le choc après une soirée d’intenses pluies du Jeudi 1er Mai. Des quartiers entiers ont été à nouveau inondés, des routes coupées, des habitations emportées, et des vies fauchées. Les dégâts sont considérables : à Mont Ngafula, le croisement entre la route By-pass et l’avenue Elengesa est complètement sectionné. À Ngaliema, l’avenue Lalou n’existe presque plus, engloutie par une érosion violente. À Kitnambo, c’est la moitié de la commune qui a été envahie par les eaux.
Sur le tronçon Mabanga-Kindele menant vers Kimwenza, des pans entiers de route ont disparu. L’avenue du Tourisme, axe vital de la circulation, est elle aussi impraticable. La commune de Ngaliema a payé un lourd tribut : dans le quartier Congo, deux enfants ont été retrouvés morts, et des dizaines de familles sont aujourd’hui sans abri.
L’état d’alerte permanent : Kinshasa sous l’eau, Kinshasa dans le noir
Chaque pluie majeure semble transformer Kinshasa en champ de ruines. Le quartier Ndanu à Limete, la commune Bandaloungwa, Maman Mobutu à Mont Ngafula… partout, le même désastre. Les eaux ravagent, les infrastructures cèdent, les routes s’effondrent, l’électricité est coupée. À peine réhabilitée il y a trois ans, la route Kimwenza est déjà redevenue impraticable. Des ravins de quatre mètres de profondeur apparaissent en pleine ville.
III. Une capitale trop grande pour être gérée ?
Kinshasa compte aujourd’hui environ 17 millions d’habitants, un chiffre qui en fait la plus grande ville francophone du monde, devant Paris. Cette croissance effrénée, portée par l’exode rural et une urbanisation non maîtrisée, pèse lourdement sur les infrastructures. Le déficit en assainissement, logement et transport est criant.
Dans plusieurs communes, la situation est alarmante. À Matete, les reporters de Réveil Congo ont observé un habitat chaotique (voir la vidéo ci-desssous), envahi par les ordures. Les caniveaux, lorsqu’ils existent, sont bouchés ou transformés en décharges. À Kintambo, les collecteurs d’eau nouvellement construits sur l’avenue Bompete sont déjà remplis de déchets.
L’on se souviendra en 2024, le député national Justin Bitakwira avait suggéré que Kinshasa soit gérée par 4 gouverneurs selon la répartition de 4 districts. Il avait fondé alors, à l’époque, son argumentaire au regard de la grandeur de la Ville. Bitakwira avait également proposé que chaque district soit géré par un gouverneur issue de l’une des quatre langues nationales de la RDC, dans l’optique de rompre le tribalisme dans la gestion de la cité. Aujourd’hui, sa réforme pourrait être activée afin de faciliter la gestion de la Ville et un suivi systématique.
Incivisme + inaction = catastrophe assurée
Les catastrophes naturelles sont aggravées par des comportements irresponsables. Trop souvent, les populations déversent leurs ordures dans les collecteurs d’eau, ignorant les dangers. À cela s’ajoute le silence ou l’inefficacité des autorités. Même les leçons des inondations meurtrières d’avril 2025 semblent oubliées.
Beaucoup d’habitants agissent par ignorance ou par négligence, dans un contexte d’absence totale de politique d’éducation environnementale. Le résultat est implacable : une ville devenue invivable, un quotidien rythmé par les crises et une gestion de l’espace urbain aux abonnés absents.
La Rédaction
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