Après d’importants dégâts des pluies diluviennes qui ont frappé la ville de Kinshasa le samedi 19 Octobre, India Omari, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a réagi avec un regard critique sur la gestion environnementale du gouvernement congolais. Pour lui, ces inondations sont la conséquence directe du changement climatique et du manque de politiques efficaces au niveau national et local.
« La ville de Kinshasa est située dans un espace pluviométrique, et aujourd’hui, l’homme est l’une des principales causes du réchauffement climatique que nous observons dans le monde entier », explique India Omari, pointant du doigt les actions humaines qui accélèrent ce phénomène.
Selon lui, la République démocratique du Congo (RDC) s’est pourtant engagée comme bien d’autres pays lors de la COP17 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais les efforts sont insuffisants : « Nous avons promis de réduire nos émissions à plus de 2 % pour atteindre un équilibre, mais malheureusement, les États restent indisciplinés face aux recommandations. »
Il rappelle aussi les engagements pris à la COP21 pour atténuer l’impact climatique, notamment par des mesures d’adaptation et de protection de la planète.
A Kinshasa principalement, India Omari déplore l’absence d’une véritable stratégie de gestion environnementale.
« Le gouvernement, qu’il soit central ou provincial, n’a ni politique d’adaptation ni politique d’atténuation. Nous sommes confrontés à un urbanisme anarchique, à une absence de planification urbaine, et les égouts ne sont pas correctement entretenus», indique-t-il.
Face à l’intensification des catastrophes naturelles, il avertit : « Avec le dérèglement climatique, nous faisons face à une situation de plus en plus dangereuse. Cela menace l’humanité tout entière. Il est donc urgent de changer nos comportements et d’adopter une gestion participative de notre environnement. »
Il critique également le manque des politiques idoines des autorités quant à la reforestation et à la gestion des inondations. Par ailleurs, il estime qu’il faut faire participer les gouvernants et gouvernés pour une gestion durable et de l’espérance de vie sur la terre.
« Voilà pourquoi avec les évolutions actuelles, la gestion de l’environnement est nécessaire donc un plan national pour faire participer les gouvernants et gouvernés pour une gestion durable et notre espérance de vie sur la terre (éducation mésologique). Comment une ville comme Kinshasa n’est pas couverte par une ceinture verte pour lutter contre les inondations ? », martèle-t-il.
Et de poursuivre : « Nos rivières ne sont pas curées alors que nous avons un problème de densité ou surpopulation. Tout ceci, l’État devrait le réglementer pour protéger sa population aux intempéries. Il y a eu écocide ou déboisement irrationnel, et jusque-là les gouvernants ou le président de la république ne sont pas préoccupés à reboiser ou à inciter la population à planter des arbres pour la protection de notre écosystème ».
Pour India Omari, la protection de l’écosystème doit devenir une priorité nationale. Il appelle le gouvernement à prendre des mesures sérieuses : « Le président de la République et son gouvernement devraient s’investir dans l’élaboration d’une véritable politique environnementale. Au lieu de slogans vides comme “La RDC, pays solution”, il est temps de passer à des actions concrètes. »
M. Omari affirme que la gestion environnementale de la RDC, avec sa forêt et son bassin du fleuve Congo, devrait être une priorité non seulement nationale, mais aussi internationale : « C’est un véritable combat diplomatique pour l’avenir. Nous avons la responsabilité de protéger notre environnement pour garantir notre survie sur cette planète ».
AKAMUS

