Dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, un groupe d’ambassadeurs et de chefs de missions diplomatiques accrédités en République démocratique du Congo a publié un message collectif d’une rare force. Leur prise de position, rendue publique à Kinshasa, appelle les Congolais à s’unir pour mettre fin à toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles, qu’elles soient physiques, psychologiques ou numériques.
Ce plaidoyer ferme regroupe plusieurs représentants des pays partenaires, dont Nicolás Berlanga-Martinez (Union européenne), Bjørn Klouman Bekken (Norvège), Maryse Guilbeault (Canada), Joakim Vaverka (Suède), Angèle Samura (Pays-Bas), Rémi Maréchaux (France), Lot Debruyne (Belgique), Sabine Mehnert (Allemagne), ainsi que des responsables de la Suisse, du Royaume-Uni et d’ENABEL. Ensemble, ils rappellent l’urgence d’agir face à un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
« Pas d’excuses à la violence » : un message sans ambiguïté
Dans leur déclaration, les diplomates fustigent l’expansion des violences, désormais présentes dans tous les espaces : foyers, rues, zones de conflits, milieux politiques mais aussi réseaux sociaux.
« Pas d’excuses à la violence contre les femmes et les filles. Pas d’excuses tant qu’elle se transforme, se multiplie et envahit nos téléphones, nos réseaux sociaux et nos écrans », ont-ils martelé.
Ils dénoncent également les formes plus insidieuses de violence : insultes, menaces, harcèlement en ligne, cyberintimidation. Selon eux, ces agressions détruisent des vies en silence, alors même que de nombreuses femmes continuent de faire preuve d’un courage remarquable en dénonçant ces abus.
Les diplomates affirment leur soutien à toutes les personnes qui se mobilisent pour une société plus juste et dénuée de violence :
« Nous sommes aux côtés de celles et ceux qui s’élèvent pour refuser la violence sous toutes ses formes. Ensemble, nous nous levons pour y mettre fin. »
Ils appellent à transformer chaque espace qu’il soit public, privé ou numérique en un lieu où règnent dignité, responsabilité et respect des droits humains.
Une campagne mondiale relayée à Kinshasa
La campagne des 16 jours d’activisme, du 25 novembre au 10 décembre, est un rendez-vous mondial annuel visant à sensibiliser et mobiliser contre les violences basées sur le genre.
Cette année, en RDC, elle a été lancée officiellement par la ministre du Genre, Micheline Ombae, autour du thème :
« Mettre fin à la violence numérique faite aux femmes et aux filles ».
La ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation aux lois existantes : elle a rappelé que les jeunes, principaux utilisateurs des réseaux sociaux, ont un rôle crucial à jouer :
« Les téléphones doivent servir à unir, pas à détruire », a-t-elle souligné.
À travers ce message commun, les diplomates et les autorités nationales exhortent la population à devenir « des alliés de la dignité ». Leur message final, répété comme un serment, ferme toute brèche à la banalisation des abus :
« La violence physique, morale, psychologique et numérique n’a pas sa place ici. Pas d’excuses. »
Cette prise de position internationale vient renforcer le combat déjà mené par les acteurs de la société civile, les institutions publiques et les défenseurs des droits humains, dans un pays où les femmes et les filles paient un lourd tribut aux violences.
Réveil Congo/ Avec le département de la sensibilisation


