Image default
International

Sassou répond aux sanctions de Trump en signant un méga-contrat pétrolier avec Poutine

Faut-il y voir une riposte déguisée ? Alors que les États-Unis, sous l’administration Trump, ont récemment imposé des restrictions de visas contre plusieurs responsables congolais, un projet ambitieux vient marquer un tournant dans la diplomatie économique de Brazzaville. Le Congo choisit de regarder vers l’Est. Et pas avec n’importe quel partenaire : la Russie.

C’est désormais officiel. Le Sénat russe vient de ratifier un accord majeur avec la République du Congo pour construire un oléoduc de 1 500 kilomètres, reliant Pointe-Noire à Tréshot, en passant par Loutété et Maloukou. Un chantier titanesque supervisé par une entreprise conjointe contrôlée à 90 % par la Russie.

Qu’est-ce qu’un oléoduc, exactement ?

Un oléoduc, ce sont de grands tuyaux enterrés ou posés au sol qui servent à transporter des produits pétroliers comme l’essence, le diesel ou le kérosène sur de longues distances. Contrairement aux camions-citernes, les oléoducs sont plus rapides, plus sûrs et moins coûteux. Pour un pays comme le Congo, cela veut dire moins de retards, moins de pertes, et moins de corruption liée au transport du carburant.

Comment le projet sera-t-il mis en œuvre ?

Le partenariat suit le modèle international BOT, un sigle anglais qui signifie Build, Own, Operate, Transfer. En français facile :

  •  Build : la Russie construit l’oléoduc ;
  •  Own : elle en devient propriétaire pendant un certain temps (ici, 25 ans) ;
  •  Operate : elle l’exploite et en tire les bénéfices pendant cette période ;
  • Transfer : au bout des 25 ans, le Congo récupère l’infrastructure gratuitement.

Le Congo va-t-il rester dépendant de cette entreprise ?
Non. Même si la Russie détient 90 % du projet au départ, après 25 ans, l’oléoduc deviendra propriété congolaise à 100 %. C’est un moyen pour le Congo d’obtenir une infrastructure moderne, sans devoir emprunter ou s’endetter aujourd’hui.

Quels sont les avantages pour le Congo ?
Le pays gagne beaucoup, même avec seulement 10 % de parts au début :

  • Une infrastructure stratégique sans endettement direct ;
  • Des centaines d’emplois créés pendant la construction ;
  • Un ravitaillement en carburant stable et rapide, surtout à Brazzaville ;
  •  Moins de camions sur les routes, donc moins d’accidents et de coûts logistiques ;
  • Possibilité d’alimenter Kinshasa ou d’autres pays voisins à long terme ;
  • Et surtout, le développement de compétences locales, car le contrat prévoit une formation progressive des Congolais.

Un message politique fort

En signant ce contrat avec Moscou, Brazzaville envoie un signal clair : le Congo diversifie ses alliances et n’accepte plus d’être traité comme un simple “client” des puissances occidentales. Dans un contexte où les États-Unis restreignent les voyages des officiels congolais, s’allier à la Russie, c’est aussi affirmer une souveraineté politique et économique.

Un pari risqué mais stratégique

Certes, confier 90 % d’un tel projet à un partenaire étranger peut inquiéter. Mais avec ce modèle progressif et réversible, le Congo se donne les moyens d’avancer sans s’enliser dans des dettes, tout en préparant la relève locale. Si les promesses sont tenues, c’est le peuple congolais qui sortira gagnant.

Articles similaires

2025 : une année noire pour les journalistes, 128 tués à travers le monde

Rédaction

Accord UE-Rwanda : pour les congolais, « c’est une provocation de plus »

Rédaction

Création de la Banque de l’AES : le Mali, le Niger  et le Burkina Faso appuient sur l’accélérateur ! 

Rédaction

Mining Indaba 2026 : la RDC affirme son leadership minier sous la conduite de Louis Watum

Rédaction

Arrestation de Pavel Durov à Paris : Le fondateur de Telegram dans le viseur des autorités françaises

Rédaction

L’UE s’apprête à verser 51 M€ au Rwanda malgré les crimes en RDC !

Rédaction