L’administration du président Donald Trump a décidé de mettre un coup d’arrêt au programme de la Loterie des visas pour la diversité, plus connu sous le nom de Diversity Visa Lottery. Cette mesure radicale intervient à la suite d’une fusillade sanglante survenue dans une université américaine et impliquant un ressortissant étranger admis aux États-Unis grâce à ce programme.
La décision a été annoncée vendredi par la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qui a ordonné la suspension immédiate du dispositif. Selon les autorités, le principal suspect de l’attaque perpétrée à l’Université Brown, Claudio Manuel Neves Valente, de nationalité portugaise, était entré sur le sol américain en 2017 grâce à la DV Lottery, avant d’obtenir une carte de résident permanent.
Sur le réseau social X, Kristi Noem a justifié cette décision en des termes particulièrement fermes. Elle estime que l’auteur présumé de la fusillade n’aurait jamais dû être autorisé à immigrer aux États-Unis et considère le programme comme une menace pour la sécurité nationale. Agissant sur instruction directe du président Trump, elle a demandé aux services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) de suspendre le programme afin, selon elle, d’éviter de nouvelles tragédies.
Un programme très convoité désormais à l’arrêt
La suspension de la DV Lottery constitue un choc pour des millions de candidats à l’immigration. Créé en 1990, ce programme permet chaque année à environ 50 000 personnes d’obtenir une carte verte par tirage au sort, sous réserve de remplir certains critères, notamment un niveau d’études secondaires ou une expérience professionnelle qualifiante.
En 2025, plus de 20 millions de personnes à travers le monde ont tenté leur chance, et environ 130 000 candidats ont été présélectionnés, selon les chiffres du département d’État américain. La même année, une quarantaine de ressortissants portugais avaient bénéficié de ce visa. Certains pays, dont le Brésil, le Canada, la Chine ou encore le Venezuela, sont exclus du programme en raison de leur forte représentation migratoire aux États-Unis.
Avant d’être admis sur le territoire américain, les bénéficiaires doivent passer par un entretien, un examen médical et une vérification approfondie de leurs antécédents. Malgré ces procédures, l’administration Trump estime aujourd’hui que le système présente trop de failles.
Une politique migratoire de plus en plus restrictive
La suspension de la loterie des visas s’inscrit dans une série de mesures visant à durcir la politique migratoire américaine. Déjà critique à l’égard de ce programme avant son retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait évoqué à plusieurs reprises la nécessité de le réformer, voire de le supprimer.
Après une attaque survenue à Washington en novembre, impliquant un ressortissant afghan, le président américain avait annoncé vouloir suspendre l’immigration en provenance de nombreux pays jugés à risque. Son administration a également menacé d’annuler des millions de titres de séjour accordés sous le mandat de son prédécesseur, Joe Biden.
Les restrictions se sont étendues à d’autres catégories de visas. Les autorités envisagent de limiter la durée de séjour des étudiants étrangers à quatre ans, de réduire drastiquement la validité des visas accordés aux journalistes et diplomates étrangers, et d’augmenter les frais des visas H-1B destinés aux travailleurs hautement qualifiés, notamment dans le secteur technologique.
Une immigration sélective
Paradoxalement, Donald Trump s’est félicité du lancement récent d’un nouveau dispositif baptisé « Gold Card », également surnommé « Trump Card ». Ce visa permanent, inspiré du modèle de la carte verte, est destiné aux étrangers fortunés et proposé à un prix compris entre un et cinq millions de dollars.
AKAMUS

