La République démocratique du Congo (RDC) envisagerait un retrait du Statut de Rome, fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), si cette dernière ne donne pas suite aux demandes de mandat d’arrêt contre le président rwandais Paul Kagame, jugé comme auteur des crimes contre l’humanité commis en RD Congo. Cette proposition a été émise dans le rapport final des états généraux de la Justice, clôturés samedi 16 Novembre 2024 au Palais du Peuple à Kinshasa, en présence du président Félix Tshisekedi.
Lors de ces assises, la question de l’impunité face à l’agression rwandaise dans l’Est de la RDC a occupé une place centrale. Les participants ont insisté sur la nécessité pour la CPI d’agir contre Paul Kagame et d’autres responsables présumés des crimes commis sur le territoire congolais. Faute d’une réponse de la juridiction internationale, le retrait de la RDC du Statut de Rome a été formellement recommandé.
Cette prise de position reflète la frustration croissante des autorités congolaises et de la population congolaise face à l’inaction perçue de la communauté internationale et à l’aggravation des violences dans l’Est du pays.
Plusieurs observateurs congolais et internationaux estiment que le retrait éventuel de la RDC de la CPI constituerait un tournant majeur, interrogeant l’efficacité et l’impartialité de cette institution dans le traitement des conflits internationaux et des crimes graves commis dans la partie Est de la RDC. Cette menace s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, exacerbées par l’agression militaire attribuée au Rwanda à travers son soutien aux groupes armés actifs dans la région.
Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, appelé à l’émission d’un mandat d’arrêt contre le président rwandais pour des crimes commis dans l’Est du pays, à l’ouverture des assises entre la Cour pénale internationale (CPI) et la partie congolaise, organisées au mois d’Août.
«À quand le mandat d’arrêt contre Paul Kagame? Cela pour avoir commis des nombreux crimes contre l’humanité dans l’Est du pays», a déclaré Constant Mutamba, à cette première journée d’échanges avec les experts de la CPI et de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ainsi que les magistrats congolais.
Constant Mutamba faisait savoir que le peuple congolais est fatigué des discours.
«Au moment où nous parlons, il y a un Congolais qui meurt, il y a un enfant dont la vie est fauchée dans l’Est de notre pays, il y a une maman qui est violée. A quand alors l’arrestation de Kagamé par la CPI », avait-t-il martelé, pointant également du doigt les alliés de Kigali responsables des massacres à répétition de millions de Congolais.
R.C

