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Procès Roger Lumbala : les annexes du rapport mapping introuvables, elles contenaient les noms des auteurs des crimes de l’Est

Luc Henkinbrant, ancien officier des droits de l’homme aujourd’hui retraité, a été entendu ce mercredi devant la Cour d’assises de Paris dans le cadre du procès de Roger Lumbala. L’ancien chef rebelle est jugé pour complicité de crimes contre l’humanité et association de malfaiteurs en vue de préparer de tels crimes, pour des faits commis à l’est de la RDC, notamment en 2002, dans le cadre de l’opération dite « Effacer le tableau ».

Lors de son audition, le président du tribunal a lu des extraits du rapport Mapping, mentionnant notamment que « ce sont au moins 373 civils, dont des Pygmées, qui ont été tués » et que « des miliciens du Sud-Kivu auraient également recueilli du liquide vaginal pour fabriquer des fétiches ». Luc Henkinbrant a confirmé que ces passages figurent bien dans le rapport, tout en saluant l’engagement de la Cour pour permettre aux victimes d’être entendues.

L’ancien officier a toutefois dénoncé un manquement majeur : les annexes du rapport Mapping, contenant les noms des auteurs présumés de crimes contre l’humanité commis entre 1993 et 2003, n’ont pas été communiquées à la Cour. « C’est un véritable scandale que cette base de données n’ait pas été transmise », a-t-il déclaré, soulignant que certains auteurs pourraient être des personnalités politiques ou militaires en RDC, en Ouganda ou au Rwanda.

Dans l’après-midi, le documentaire L’Empire du silence de Thierry Michel a été projeté aux jurés pour illustrer trois décennies de guerre en RDC. Les images, poignantes, ont provoqué des réactions marquées chez les jurés, certains détournant le regard face aux scènes de massacres et de violences.

Roger Lumbala, qui avait été interpellé en décembre 2020 et inculpé en 2023, a demandé à être jugé par la Cour pénale internationale. Ce procès, qui se déroule du 12 novembre au 19 décembre 2025, est le premier en France visant un ressortissant congolais et repose sur des rapports et témoignages de victimes du Haut-Uélé et de l’Ituri. Pour les parties civiles, il symbolise une avancée historique contre l’impunité, tandis que la défense évoque une atteinte à la souveraineté congolaise.

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