La procédure engagée devant la Haute Cour militaire contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung connaitra ce vendredi 20 février 2026, un nouvel épisode, centré sur l’exploitation des téléphones du prévenu. Poursuivi par le ministère public pour trahison et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, l’ancien commandant de la troisième zone de défense voit désormais le débat judiciaire se déplacer sur le terrain technique de la cyber-expertise.
Lors de la précédente audience, le premier président de la Haute Cour militaire avait suggéré de confier l’exploitation des appareils au Conseil national de Cyberdéfense (CNC), structure spécialisée rattachée à la Présidence. Cette orientation a été appuyée par l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), mais fermement contestée par la défense.
Les avocats du général Yav ont fait valoir, en substance, qu’un climat de défiance persistait à l’égard du CNC. Selon eux, recourir à ce service à ce stade du procès pourrait soulever des interrogations sur l’impartialité de l’expertise, d’autant plus que les téléphones sont entre les mains des autorités depuis près de quatre ans. La défense estime que le ministère public, confronté à des difficultés probatoires, chercherait à consolider son dossier par une démarche tardive dont le timing interroge.
Le prévenu, pour sa part, soutient ne pas accorder sa confiance au coordonnateur actuel du CNC, Jean-Claude Bukasa. Il rappelle que ce dernier occupait, au moment de son arrestation en 2022, les fonctions de conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité et dirigeait le Conseil national de sécurité. Il considère que cette implication passée dans le contexte de son interpellation nourrit des doutes quant à la neutralité d’une éventuelle intervention du CNC.
De son côté, l’Agence nationale des renseignements (ANR) avait indiqué être techniquement dans l’impossibilité d’exploiter les téléphones en l’absence de coopération formelle du prévenu pour la communication des mots de passe.
Le procès, près de trois ans après l’arrestation du général Yav, s’oriente ainsi vers un débat crucial : celui de la fiabilité, de l’indépendance et de la recevabilité des preuves numériques dans une affaire aux enjeux hautement stratégiques.
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