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Justice

Forum National des Droits humains : Judith Suminwa lance un appel fort à la justice et à la mémoire collective

À l’ouverture de la première édition du Forum national sur les droits humains ce jeudi 9 octobre, la Première ministre Judith Suminwa a dénoncé l’oubli des tragédies congolaises sur la scène internationale, plaidé pour la reconnaissance du « Génocost », et appelé à une synergie d’actions pour la justice transitionnelle.

C’est un discours qui fera date dans la lutte pour les droits humains en République Démocratique du Congo, à l’occasion du lancement de la première édition du Forum national sur les droits humains.

« Comment expliquer le silence du monde quand 10 millions de Congolais sont massacrés ? », a-t-elle lancé devant un parterre d’officiels, d’acteurs de la société civile et de partenaires internationaux.

Le cœur du message de la cheffe du gouvernement, s’est basé sur la reconnaissance internationale des crimes de masse commis en RDC, souvent qualifiés de « Génocost », une contraction des mots « génocide » et « coût humain », concept devenu central dans le plaidoyer congolais.

Notamment, elle a rappelé les massacres survenus dans des localités comme Mwenga, Kasika, Makobola, Kishishe ou encore Rutshuru, évoquant une mémoire collective douloureuse mais mobilisatrice. « Ces événements ne relèvent pas simplement du passé », a-t-elle martelé.

Et d’ajouter : « ils nous boostent à continuer ce combat pour que justice et vérité puissent prévaloir ».

En outre, Judith Suminwa a salué l’engagement du président Félix Tshisekedi, qualifiant ses réformes sociales, comme la gratuité de l’enseignement, la maternité gratuite ou encore l’introduction d’une justice transitionnelle, de fondations solides pour une politique publique respectueuse des droits humains.

Dans un passage particulièrement direct, elle a aussi pointé du doigt le Rwanda, accusé d’orchestrer une campagne de discrédit contre le FONAREV, l’établissement public chargé d’accompagner les victimes de violences sexuelles et de crimes de guerre. Une réaction à peine voilée à un tweet du ministre rwandais des Affaires étrangères, perçu comme une tentative d’intimidation.

Présenté comme un « salon de rencontre et de construction d’idées nobles », ce premier Forum National des Droits Humains se veut un tournant stratégique. Il réunira les institutions de l’État, les ONG, les défenseurs des droits humains et les chercheurs pour harmoniser les récits, unifier les données, et élaborer un plan de plaidoyer coordonné.

« Il est temps que le texte et le contexte riment ensemble », a insisté la Première ministre, dénonçant l’écart persistant entre les déclarations de principe et la réalité vécue par les Congolais.

Par ailleurs, son discours s’est conclu sur une note d’espoir et de mobilisation, avec un appel au patriotisme, à la solidarité nationale, et à la responsabilité collective pour faire de la RDC non seulement une victime reconnue, mais surtout un acteur debout de sa propre justice.

Israël Mpoyi

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