La décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) d’interdire, à titre conservatoire, toute diffusion d’informations relatives au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et à son autorité morale Joseph Kabila, continue de susciter un tollé dans les milieux politiques et médiatiques en République démocratique du Congo.
Parmi les voix les plus véhémentes, celle de Denise Dusauchoy ne passe pas inaperçue. Ancienne proche du régime et aujourd’hui rangée dans l’opposition, elle a vivement réagi à cette mesure, qu’elle qualifie de « provocation flagrante ». Dans une vidéo qui circule largement sur les réseaux sociaux, elle interpelle directement Christian Bosembe, président du CSAC :
« Assez, assez ! Je crie Kabila, venez m’arrêter ! », lance-t-elle, visiblement révoltée. Elle poursuit : « Vous sentez votre fin venir, comme Mobutu l’a sentie. Vous exagérez ! »
En réponse à cette vague d’indignation, Christian Bosembe a tenu à clarifier que cette interdiction n’est que provisoire. Il s’agit, selon lui, d’une mesure conservatoire prise par le bureau du CSAC, qui fera l’objet d’un examen approfondi lors de la réunion plénière prévue ce jeudi 5 juin.
« Elle pourra être confirmée, alourdie ou tout simplement rejetée », a-t-il précisé dans une déclaration publique.
Entre accusations de dérive autoritaire et justifications institutionnelles, cette affaire remet sur la table la question de la liberté d’expression et du rôle des institutions de régulation dans le paysage audiovisuel congolais. L’issue du débat au sein du CSAC est donc très attendue, tant par les acteurs politiques que par les professionnels des médias.
