Image default
Justice

Joseph Kabila : le verdict attendu le vendredi 12 septembre. Sera-t-il condamné ou acquitté?

Kinshasa s’apprête à vivre une journée historique. Le vendredi 12 septembre, la Haute Cour militaire rendra son verdict dans le procès inédit de l’ancien président de la République, Joseph Kabila.

Accusé de crimes de guerre, de trahison et d’atteinte à la sécurité de l’État, l’homme qui a dirigé la RDC pendant 18 ans pourrait connaître l’un des tournants les plus décisifs de sa vie politique.

Le 22 août dernier, l’auditeur général des FARDC a requis la peine capitale ainsi que l’arrestation immédiate de l’ancien chef de l’État, l’accusant d’être à la tête du mouvement rebelle AFC-M23. La partie civile, elle, a réclamé la confiscation de ses biens.

Kabila, aujourd’hui sénateur à vie, rejette en bloc ces accusations qu’il qualifie de « mensongères et politiquement motivées ». Dans une tribune publiée le 1er septembre, il a dénoncé un « faux procès » orchestré, selon lui, par un régime « désespéré et incapable d’assumer ses échecs ». Il accuse le pouvoir en place d’avoir violé la Constitution en levant illégalement ses immunités en mai dernier.

L’ancien président estime que ces poursuites visent à faire taire l’opposition et à détourner l’attention des problèmes réels du pays : corruption, mauvaise gouvernance, tribalisme et népotisme. Il plaide pour un dialogue national inclusif, au-delà des « procès sélectifs » et des accords avec Kigali, qu’il juge inefficaces face à la persistance des violences dans l’Est.

Mais le gouvernement rejette cette lecture. Le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, l’accuse de se moquer des victimes. « Vous ne pouvez pas revendiquer un dialogue en prenant les armes, causant des milliers de morts et le déplacement de millions de Congolais », a-t-il réagi, pointant les violences attribuées au M23 dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi.

Le verdict attendu ce vendredi divise profondément l’opinion. Pour certains, c’est l’heure de vérité et de justice pour les victimes. Pour d’autres, c’est le signe d’une instrumentalisation judiciaire risquant de fragiliser davantage la réconciliation nationale.
Une chose est certaine : ce procès marque un moment charnière de l’histoire politique congolaise, dont l’issue sera scrutée bien au-delà des frontières du pays.

AKAMUS

Articles similaires

Guerre dans l’Est : le gouvernement lance la campagne « Défendons la patrie »

Rédaction

Kinshasa : le Ministre des Droits Humains condamne le traitement dégradant infligé à la braqueuse présumée Honorine Porche

GLMLuban

Kindu/Décès de Me Dido: la jeunesse de l’Ensemble réclame justice!

Rédaction

08 Mars : les droits des femmes sont étouffés, condamne la cheffe d’ONU Femmes au Conseil de sécurité

Rédaction

10 ans après, Colonel Mamadou Ndala reste un vaillant Commando

Rédaction

Forum national des droits humains : Samuel Mbemba trace la voie d’un dialogue durable et réclame justice pour la RDC

GLMLuban