L’opposant congolais Mike Mukebayi sollicite l’implication de Constant Mutamba, ministre d’État, ministre de la justice et garde des sceaux pour la fixation de son audience.
Détenu depuis plus de 18 mois à la prison centrale de Makala pour « Des infractions dont aucune n’est punissable pour plus de 24 mois », cet ancien député provincial de Kinshasa dénonce un procès politique.
« Enrôlée devant la Cour de cassation sous le RPA 220, voilà que 2 mois se sont écoulés sans que la date d’audience ne soit fixée, laissant voir une volonté manifeste de prolonger indéfiniment ma détention à la prison MAKALA. Je me dois de vous informer que cette détention dure plus de 17 mois alors que je suis poursuivi pour des infractions dont aucune n’est punissable de plus de 24 mois. De quoi accréditer la thèse selon laquelle l’affaire MUKEBAYI est un procès politique », s’indigne-t-il.
Et de rappeler :
« Pour la petite histoire, cette idée machiavélique à vouloir monter des stratégies pour étirer le plus possible ce procès a commencé lorsque la Cour constitutionnelle a pris 8 mois pour rendre un simple arrêt sur une exception d’inconstitutionnalité par moi soulevée contre l’ordonnance portant répression des infractions flagrantes ».
Par ailleurs, Mike Mukebayi dénonce un gangstérisme judiciaire et en appelle à l’intervention de Constant Mutamba pour recouvrer sa liberté.
« Vous conviendrez avec moi que cette attitude est un gangstérisme judiciaire qui ternit de plus en plus l’image de notre justice. Ainsi que je vous prie de bien vouloir vous impliquer personnellement pour qu’il soit fixé l’audience sus visée afin de me permettre d’en découdre et de recouvrer ma liberté méchamment arrachée depuis plus d’un an maintenant », demande -t-il.
En outre ,il déplore : « Comme si cela ne suffisait pas, sollicitant une mise en liberté provisoire qui me sera refusée par la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, l’appel que j’avais formé devant la Cour de cassation a pris 2 mois pour voir une décision tombée, sans se soucier que nous sommes en matière pénale qui requiert célérité ».
Rappel
Mukebayi a été arrêté à son domicile le 21 mai 2023 par des individus non identifiés, qui l’ont tabassé et transporté dans un véhicule. « Ils m’ont encagoulé et jeté comme un colis à la police judiciaire du parquet », a-t-il relaté devant les juges, lors d son dernier procès le 19 Juillet à la prison centrale de Makala.
« J’ai été détenu sans être entendu, aucun acte de procédure n’a été posé à mon endroit », avait-il rappelé.
Après avoir passé la nuit au parquet, il a été transféré à la cour d’appel sans explication. « C’est là que j’ai compris que dans ce pays, la justice n’existe pas. Même la secrétaire était étonnée qu’on m’emmène là sans le procès-verbal de saisine du prévenu, » a-t-il ajouté.
Mukebayi a également mentionné les appels téléphoniques qui ont semblé orchestrer sa détention.
L’ancien journaliste fait face à plusieurs accusations, dont menace d’attentat, propagation de faux bruits et imputations dommageables. À ces accusations s’est ajoutée l’offense au chef de l’État, à la suite de ses propos lors de l’émission « Libre débat » sur la chaîne de télévision CML13.

