Les violences sexuelles continuent de faire des ravages dans l’est de la République démocratique du Congo, dans un contexte de conflit armé persistant et d’effondrement progressif des mécanismes de prise en charge des victimes. Dans une récente tribune, l’ONG Human Rights Watch, en collaboration avec l’organisation congolaise SOFEPADI, tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur de ces crimes, pointant du doigt aussi bien les groupes armés que certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC).
Selon ces organisations, des femmes et des jeunes filles sont victimes de violences sexuelles commises par plusieurs groupes armés actifs en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, y compris le M23 soutenu par le Rwanda. Mais fait plus grave encore, des soldats de l’armée régulière sont également cités parmi les auteurs présumés, illustrant une dérive inquiétante au sein des forces censées protéger les civils.
L’intensification des combats, combinée à la réduction drastique des financements humanitaires, a entraîné la fermeture de nombreux centres de santé spécialisés. Cette situation prive les survivantes d’un accompagnement médical, psychologique et judiciaire adéquat, renforçant leur vulnérabilité et le sentiment d’abandon.
Human Rights Watch dénonce un climat d’impunité persistant et appelle les autorités congolaises à renforcer la discipline au sein des FARDC. L’ONG exhorte également le gouvernement à soutenir les enquêtes et les poursuites judiciaires, tout en invitant les partenaires internationaux à accroître leur appui à la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits.

