« Ce que j’ai vu dans les faubourgs de Saké n’est pas différent de Gaza. Grâce à la presse et la diaspora en phase avec ce qui se passe dans le pays, l’information est répercutée sur la situation que vivent les Congolais dans la partie Est du pays. Il faut toujours faire le travail, se méfier d’un ennemi nouveau, qu’est le fakenews. Il faut aller sur place, sur le terrain pour vivre la réalité en face quand on est journaliste », a déclaré vendredi Collette Brackaman, journaliste au quotidien belge « Le Soir », partageant son expérience et parlant de son livre « Mes carnets noirs », à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (Ifasic) à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
Grand reporter pour Le Soir, Colette Braeckman arpente la planète dès les premières années de sa carrière de journaliste. Les reportages se succèdent, Amérique latine, Asie du Sud-Est, Portugal, Corne de l’Afrique…
Puis dans les années 80, elle se concentre sur le pays dont elle rêvait depuis l’enfance : le Congo devenu Zaïre, l’ancienne colonie des Belges. Elle y couvre les dernières années du régime Mobutu, l’arrivée au pouvoir des Kabila père puis fils, les guerres successives et les drames humanitaires. Au Rwanda, elle suit toutes les étapes du génocide, depuis les signes avant-coureurs de la tragédie jusqu’à son accomplissement.
Les guerres et les drames de l’Afrique centrale lui inspirent une dizaine de livres et de nombreux articles dans la presse internationale. Dans cet ouvrage passionnant, Colette Braeckman raconte ses années au galop, assemble le grand puzzle de sa vie d’aventurière, raconte les coulisses de ses enquêtes et ses tête-à-tête avec les chefs d’État africains et leurs modestes sujets. Avec elle, on bondit dans l’avion, on mange la poussière sur les pistes congolaises, on risque sa vie pour un bon papier.

