Mémoire des vaillants mfumu Kongo, leçons pour la république
La tradition kongo est claire : un juge, un véritable sage, n’écoute jamais d’une seule oreille
Il écoute des deux oreilles avant de parler, il écoute des deux oreilles avant de juger
Celui qui juge avec une seule oreille n’est pas un sage, c’est un fanatique béat
Comme le dit la sagesse populaire kongo en lingala : « bayoka kaka litoyi moko ya ngulu te »
L’histoire du congo nous a déjà montré la force de la vérité
Le prophète mfumu simon kimbangu était seul lorsqu’il osa défier la puissance coloniale belge, seul face à l’empire, seul face à l’injustice
Mais l’histoire lui a donné raison, car aujourd’hui les fils et les filles du congo dirigent leur propre terre
Alors que ceux qui aiment propager les inepties, les mensonges et les discours creux se taisent, ou qu’ils aillent les débiter ailleurs
Pas sur la terre des grands mfumu
Pas sur la terre des mfumu manianga de luozi
Pas sur la terre de mbuta thomas kanza, pas sur la terre de notre ndona sophie kanza, pas sur la terre de longi ya kongo ne muanda nsemi
Car cette terre est une terre de lutte féroce, une terre de dignité, une terre des ba mbuta et des yaya ndona qui ont combattu la dictature, le mensonge et le monologue des pouvoirs qui méprisent la démocratie, la constitution et les lois de la république
Que la nation congolaise se souvienne. Qu’elle se souvienne de ses fils vaillants venus de kasangulu : mbuta emmanuel bamba, émile zola, mbuta gaston diomi ndongala, mbuta pierre luzolo lwa nsi, maman marie mathy, mbuta mpiana, et tant d’autres
Ces femmes et ces hommes n’ont pas lutté pour que nous sombrions dans la vantardise, l’arrogance et la politique des mots vides. Ils ont lutté pour la dignité, ils ont lutté pour la vérité, ils ont lutté pour l’honneur du congo
Que personne ne l’oublie : la terre du kongo central n’est pas une terre d’amnésie
C’est une terre de mémoire et une terre de dignité
Contexte
La question d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo cristallise désormais les tensions au sein de l’Union sacrée. Au centre de la polémique, Modeste Bahati, deuxième vice-président du Sénat, s’oppose fermement à toute modification de la Constitution, estimant que toucher à la loi fondamentale sans large consensus pourrait fragiliser les institutions. Cette posture a provoqué le désaveu du Sénat et l’ouverture d’une motion de défiance à son encontre.
Dans le même temps, le camp pro‑révision, emmené par l’UDPS, intensifie sa mobilisation. Augustin Kabuya a rappelé les précédentes révisions constitutionnelles sous Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila pour justifier un éventuel troisième mandat. Didier Budimbu, patron de l’Autre Vision du Congo (AVC), s’est également prononcé en faveur du projet, annonçant une tournée de sensibilisation à Seke Banza, Kasangulu, Moanda et un meeting imminent à Lemba pour « vulgariser » cette initiative auprès du public. Le débat constitutionnel sort désormais des cercles feutrés et alimente des tensions visibles au sein de la majorité présidentielle.

