L’auteur de « Holocauste au Congo », politologue et journaliste franco-camerounais, Charles Onana a, au cours d’une conférence débat coanimée, ce mercredi 20 mars 2024 à Kinshasa, estimé que « dialoguer avec le Rwanda ne mettra pas fin à la guerre de l’Est ». Car, avance-t-il, « nous allons être surpris qu’il y a une ville qui est tombée. C’est pourquoi, nous disons tous non au dialogue. Avant de réaliser cette œuvre, j’étais au Soudan pour analyser une situation de la répartition du Soudan, qui était une initiative des occidentaux », a-t-il déclaré.
La présentation de l’ouvrage : « Holocauste au Congo, les raisons du silence de la Communauté Internationale », à l’Université des Sciences de l’Informatique et de la Communication (Unisic) ex IFASIC, vient réveiller la conscience des étudiants congolais.
« Nous sommes venus très vite pour réveiller la prise de conscience des congolais en général, pour leur faire comprendre les origines de la guerre de l’Est et les raisons du silence de la communauté internationale. Nous ne voulons pas que le Congo se retrouve dans la même situation que le Soudan aujourd’hui. A son temps, je leur avais alerté aussi, mais les autorités soudanaises ne m’avaient pas compris », a déclaré Charles Onana.
De son point de vue, « dialoguer avec le Rwanda ne mettra pas fin à la guerre. (…) Nous disons tous non au dialogue parce que ce n’est pas une solution pour mettre fin à la guerre de l’Est. Avant de réaliser cette œuvre moi et j’étais au Soudan pour analyser une situation de la répartition du Soudan, qui était une initiative des occidentaux. Cela n’était pas une bonne idée. J’avais fait comprendre aux autorités soudanaises qu’en acceptant cette idée, le pays sera déséquilibré. Et l’ennemi aura toutes les possibilités pour entrer facilement au Soudan car, toutes les frontières sont ouvertes entre le Soudan du sud et du nord ».
Charles Onana, explique que les autorités du Soudan avaient estimé que la pression était forte et la division apporterai la paix. « Par contre aujourd’hui au Soudan nord, nous constatons une insécurité hors pair : les gens meurent du jour au jour », a-t-il révélé. « C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, nous ne voudrions pas que cette situation arrive en République démocratique du Congo. En tant que scientifiques, nous avons mis à la disposition des congolais cet ouvrage pour permettre à chacun de se mettre debout et d’être conscient de la situation de la partie Est de son pays », a insisté l’auteur.
Il croit savoir que l’armée congolaise n’est pas faible devant l’ennemi. Cependant, relève M. Onana, « l’armée congolaise a été infiltrée depuis les années 90. Lors des opérations de brassage et mixage de l’armée congolaise, il y a eu plusieurs étrangers qui ont intégré les FARDC. L’armée congolaise a été infiltrée à plus haut sommet », a-t-il affirmé.
Une guerre économique
Pour le professeur à Kambayi Bwatshia recteur de l’Unisic et l’un des orateurs, « la situation sécuritaire de l’Est de la RDC est plus économique ». « On a vu les citoyens rwandais venir chez nous. Etant hospitaliers, nous les avons accueillis sans problème. Malheureusement, retournaient chez eux quelques années après, ils n’étaient plus acceptés par Kagame. L’objectif était autre », a rappelé le recteur de l’Unisic qui a remercié la bravoure et la détermination de Charles Onana pour avoir pris le risque de se documenter sur la guerre de l’Est de la RDC.
Deux siècles de silence
Le professeur Jean Chrétien Ekambo Duasenge de l’Unisic, a pour sa part, relaté l’histoire de l’Occident avec l’Afrique dont la cible principale était la RDC. Il souligne que les États-Unis ont utilisé le journaliste américain Henry Morton Stanley vers les années 1800, pour pénétrer le continent africain via le Zanzibare. L’orateur a renvoyé l’auditoire à son ouvrage intitulé : « : le Congo Zanzibar de Henry Morton Stanley » où les détails de cette complicité sont expliqués.
« Le silence de la Communauté internationale date de plus de plus deux siècles. Stanley était un journaliste reporter, envoyé spécial des occidentaux en Afrique avant la conférence de Berlin qui s’est tenue en 1885. Nulle part dans l’histoire, on a dit que Stanley était un envoyé spécial des occidentaux ; nulle part on nous a dit qu’il était journaliste ; nulle part on nous a dit qu’il était un protégé du pouvoir militaire américain. Stanley a été reporter dans la guerre d’Abissimie », a révélé l’ancien recteur de l’IFASIC.
A l’en croire, le silence de la communauté internationale est traduit par le fait qu’il n’a jamais été dit que Stanley était au Congo, 50 ans avant. Car les américains coopéraient déjà avec le Zanzibar vers 1832. En 1833, l’Amérique avait déjà signé un contrat de collaboration avec le Zanzibar et en 1837, les USA avaient ouvert un consulat là-bas. Trois ans plus tard soit en 1840, le premier bateau armé accostait aux USA. Quelques années plus tard, Stanley travaille dans un média américain et les USA négocieront un contrat. Or, Zanzibar était le pays où l’on vendait les êtres humains, une problématique purement condamnée par les occidentaux, alors que leur premier allié en Afrique, c’est Zanzibar.
Vérités cachées
Dans la même optique, cette situation est étroitement liée à ce que vit la actuellement la RDC avec des atrocités dans sa partie Est dont les occidentaux font le sourd oreille, a dénoncé le professeur Ekambo. L’orateur révèle 5 vérités cachées de Stanley au Congo, faisant allusion au passage de ce dernier en Afrique, comme émissaire du Roi Léopold Il et non ses 5 autres années vers 1830.
Une autre vérité cachée, selon Ekambo Duasenge, c’est sa rencontre avec David Livingston (ses origines, sa mission, sa vraie identité), alors que cet homme était un officiel qui bénéficiait de la protection du Royaume-Uni à sa descente au fleuve Congo. « Outre cela, on n’a jamais dit que Stanley avait signé un accord avec Tipo-Tipo », a affirmé l’orateur qui souligne que Stanley avait bénéficié d’un bataillon d’environ 500 hommes dont 150 hommes armés qui l’ont accompagné de Niangwe jusqu’à Vijaana.
Pour conclure le professeur Ekambo souligné que, les occidentaux ne mettent sur la place publique que des informations qui sont à leur profit.
Avec tout cet éclairage de haute portée sur le complot contre la République démocratique du Congo, il y a lieu de croire que le salut du Congo ne viendra ni de l’Orient ni de l’Occident mais, des congolais eux-mêmes. Par conséquent, le dialogue avec le Rwanda ne sera jamais une solution à la guerre imposée à la RDC.
Le Potentiel /Réveil Congo

