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Politique

Clôture de l’atelier stratégique sur la diaspora congolaise : Le gouvernement veut transformer les recommandations en actions concrètes

La Première Ministre, Judith Suminwa a procédé à la clôture officielle de l’atelier stratégique consacré à l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues des forums de la diaspora congolaise. Organisé au Ministère des Affaires étrangères, depuis le lundi 24 novembre 2025, cet atelier a rassemblé les experts des ministères, des diplomates, des parlementaires, ainsi que des représentants de la société civile et de la diaspora.

Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a rappelé le rôle central de la diaspora dans le développement national. « La diaspora congolaise n’est pas une simple communauté de Congolais à l’étranger. Elle est une force vive, un levier stratégique, un acteur économique majeur, un réservoir de compétences et un pilier de notre rayonnement international », a-t-elle affirmé.

Judith Suminwa a rendu hommage à la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a placé les Congolais de l’étranger au cœur des priorités gouvernementales. Elle a également salué l’engagement du Ministère des Affaires étrangères, à travers son Ministre délégué en charge de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu , pour l’organisation de cette rencontre stratégique.

Le Ministre délégué a, de prime abord, rendu un vibrant hommage au Chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son attention particulière à la diaspora congolaise. Il a ensuite souligné l’urgence de passer à la phase d’action : « Nous devons désigner rapidement les leaders institutionnels de cette stratégie et adopter les décrets nécessaires à sa mise en œuvre. La diaspora attend des résultats concrets. »

La Première Ministre a réitéré son engagement à accompagner la concrétisation de ces recommandations.

« Nous allons travailler avec les ministères concernés, notamment ceux du Budget et de l’Économie, pour faire de cette stratégie un levier de transformation », a-t-elle déclaré, avant de clore officiellement les travaux.

Par ailleurs, Crispin Mbadu l a présenté les six priorités identifiées à l’issue des évaluations techniques, notamment : l’opérationnalisation de la Direction générale des Congolais de l’étranger ; la création d’un Haut Conseil de la Diaspora ; la mise en place d’un fonds d’investissement dédié aux projets de la diaspora ; la réforme de l’article 10 de la Constitution pour faciliter la participation politique des binationaux ; l’amélioration de la couverture consulaire ; la structuration d’un cadre de dialogue permanent entre l’État et la diaspora.

Cet atelier marque normalement une nouvelle étape dans le renforcement du lien entre la #RDC et sa diaspora, avec un objectif clair : mobiliser toutes les énergies pour accélérer le développement national.

Les recommandations

La première décision majeure concerne l’opérationnalisation de la Direction Générale des Congolais de l’Étranger (DGCE), considérée comme l’ossature centrale de toute politique publique envers la diaspora. Si des avancées existent, notamment le recrutement de 500 agents et la création de groupes de travail interministériels, l’institution reste juridiquement inachevée. Le rapport recommande l’achèvement immédiat de son cadre légal, la nomination rapide d’une équipe dirigeante, ainsi que le déploiement progressif d’outils fonctionnels permettant d’en faire une véritable administration spécialisée au service des Congolais établis hors du pays.

La deuxième recommandation porte sur la création du Fonds d’Investissement de la Diaspora (FID-RDC), un instrument longtemps attendu et destiné à orienter l’épargne de la diaspora vers des projets structurants en RDC.

Les études de faisabilité, disponibles depuis plusieurs années, doivent désormais être converties en décisions politiques. Le rapport plaide pour la désignation urgente d’un pilote institutionnel, l’adoption des textes fondateurs, et l’installation d’une gouvernance partagée entre l’État, la diaspora et le secteur privé, en vue de lancer les premières levées de fonds et de réaliser les premiers investissements dans un délai raisonnable.

Les experts ont également ravivé le dossier sensible de la double nationalité. Tout en reconnaissant les défis constitutionnels, l’atelier recommande une démarche en deux phases : une étape intermédiaire consistant à instituer un certificat officiel pour les Congolais de la diaspora donnant accès à des droits économiques et fiscaux harmonisés suivie, à terme, d’une révision du cadre juridique national pour consacrer la reconnaissance formelle de la double nationalité.

Autre axe structurant : la mise en place du Haut Conseil de la Diaspora Congolaise. Les tentatives passées ayant été freinées par des clivages internes, le rapport préconise un processus inclusif et indépendant, démarrant par un recensement mondial, suivi d’assises régionales et de l’élaboration des textes constitutifs, avant l’organisation d’élections générales pour installer un organe représentatif légitime et stable.

Le cinquième volet touche au renforcement de la présence consulaire, un sujet récurrent pour les Congolais vivant à l’étranger. Les travaux insistent sur la nécessité d’un dispositif modernisé : portail consulaire unifié, services dématérialisés, plateformes d’urgence, ainsi que des opérations mobiles destinées aux zones à forte concentration de Congolais. L’objectif est de rendre l’assistance consulaire plus accessible, plus rapide et plus protectrice.

Enfin, les participants ont jugé indispensable l’institution d’un Comité Paritaire de Suivi (CPS), réunissant l’État et la diaspora dans un mécanisme de monitoring permanent. Ce comité devra assurer la transparence des avancées, publier régulièrement des rapports publics et garantir que les réformes engagées ne s’enlisent plus dans les lenteurs administratives.

Le rapport final ajoute une série d’orientations transversales essentielles à la réussite de l’ensemble : identification claire du leadership institutionnel pour chaque réforme, adoption d’approches graduelles avec jalons précis, inscription des budgets dédiés dans la loi de finances, renforcement des synergies interministérielles, implication de la diaspora dès la conception des décisions, et suivi public accessible en temps réel.

La Rédaction 

 

 

 

 

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