FORUM DES INTELLECTUELS CONGOLAIS DE L’ÉTRANGER (FICE)
DÉCLARATION OFFICIELLE EN REPONSE AU CONCLAVE DU C64 A ROME
Huntersville (États-Unis), le 28 octobre 2026
Sur la C64 et le dialogue national : Oui à une paix véritable et durable, à l’unité nationale et au respect de la Constitution ! Non à la légitimation de la rébellion, aux médiations partiales et à l’impunité ! Aucune place au dialogue national pour un ancien chef d’État devenu chef rebelle ! Un seul peuple, une seule nation, un Congo uni et souverain !
Le Forum des Intellectuels Congolais de l’Étranger, engagé dans la mobilisation des réseaux de la diaspora congolaise à travers le monde, a pris connaissance des conclusions du conclave de la Coalition Article 64 (C64), tenu à Rome du 25 au 27 octobre 2026.
Dans la continuité de sa déclaration du 13 octobre 2026 et de son courrier du 26 octobre 2026 au Président de la République, le FICE réaffirme son attachement à la légitimité des institutions, à la Constitution, à la paix véritable et durable et à l’intégrité territoriale. Il parle au nom des membres et des réseaux de la diaspora qu’il mobilise, sans prétendre représenter toutes les opinions de tous les Congolais de l’étranger. Sur un sujet où la République est en jeu, il ne s’abrite pas derrière des formules prudentes.
- Condamnation sans réserve de la coalition politico-militaire FRN
Le 12 octobre 2026, à Goma, a été proclamé le Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire présidé par l’ancien Président Joseph Kabila et absorbant l’AFC/M23. Son acte fondateur assume le recours à la force. Le FICE le condamne sans réserve. Aucune ambition politique, aucune rancune d’ancien dignitaire, aucune invocation constitutionnelle dévoyée ne justifie la prise du pouvoir par les armes, l’atteinte à l’unité du pays ou l’installation d’administrations parallèles sur un territoire occupé.
- Un dialogue inclusif, jamais au prix de la légitimation des armes
Le FICE prend acte de la condamnation par la C64 de la conquête du pouvoir par les armes. Il juge toutefois dangereuse toute lecture du dialogue « sans exclusivité » qui offrirait un statut politique à ceux que leur seule puissance militaire désignerait comme interlocuteurs. Un dialogue qui s’ouvre devant le canon n’est pas un dialogue : c’est une capitulation différée. Le renoncement vérifiable et public à la violence est un préalable, non une issue de négociation.
- Joseph Kabila : aucune légitimité politique au-dessus de la loi
Le FICE condamne fermement les agissements de Joseph Kabila, ancien Président de la République condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025 pour trahison et crimes de guerre, notamment en lien avec la rébellion AFC/M23, et dont la prise de direction du mouvement politico-militaire FRN a été annoncée le 12 octobre 2026. Le FICE rejette catégoriquement toute initiative de la C64 visant à imposer une rencontre entre Joseph Kabila et le Président Félix Tshisekedi comme préalable au dialogue national, estimant qu’une telle démarche reviendrait à légitimer politiquement la rébellion et à banaliser la conquête du pouvoir par les armes. Un ancien Chef de l’État, autrefois garant de la Constitution et de l’intégrité territoriale, ne saurait revendiquer un statut privilégié après s’être engagé contre les institutions républicaines. Nul n’est au-dessus de la loi : la paix ne saurait se négocier au prix de l’impunité, et la réconciliation nationale ne peut servir à réhabiliter politiquement la rébellion armée.
- Récusation de la CENCO et de l’ECC comme médiateurs
Le FICE respecte la mission spirituelle et l’histoire de la CENCO et de l’ECC. Il ne les accuse pas de complicité avec la rébellion. Mais la médiation nationale exige davantage que de la bonne volonté : elle exige l’impartialité et la confiance, et celles-ci se jugent sur les actes et sur les silences.
À ce jour, le FICE n’a identifié aucune condamnation commune, publique et sans équivoque, par la CENCO et l’ECC, ni du FRN, ni de la prise de la présidence de ce front par Joseph Kabila, ni du rôle du Rwanda dans l’agression dont l’Est du pays est victime. Aucune distance n’a été prise à l’égard de ces acteurs au moment même où la C64, dont ils sont les médiateurs proposés, réclame une rencontre avec le chef du FRN. Ce silence, devant un acte de cette gravité, fragilise leur crédibilité, brise la confiance et peut laisser croire à une acceptation tacite de la prise des armes comme moyen d’accès à la table des négociations. Un médiateur qui ne dit pas clairement de quel côté de la République il se tient ne peut garantir l’impartialité attendue.
En conséquence, le FICE rejette la désignation de la CENCO et de l’ECC comme médiateurs principaux du dialogue national. Il leur demande de rompre ce silence sans délai : par une condamnation publique et conjointe du FRN et de tout recours aux armes, et par une prise de distance claire à l’égard de toute ingérence extérieure, singulièrement rwandaise. Il appelle à une facilitation dont l’indépendance, le rejet de la violence et la défense de l’intégrité territoriale soient incontestables.
- Primauté de la Constitution et refus de tout partage du pouvoir imposé
Les institutions issues des élections de 2023 (qui ont indiqué clairement le choix du souverain primaire) doivent exercer leur mandat dans les limites de la Constitution. Le dialogue ne peut justifier ni transition extra constitutionnelle ni redistribution du pouvoir sous la pression des armes. Le FICE réaffirme son attachement à l’article 220, à l’alternance démocratique et à la tenue des élections aux échéances légales.
- Des consultations préalables dans les provinces et la diaspora
Le FICE soutient un dialogue organisé sur le territoire national, précédé de consultations dans les 26 provinces et auprès de la diaspora. Les victimes, les jeunes, les femmes, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les organisations citoyennes et les intellectuels doivent être entendus. Les décisions ne peuvent résulter d’arrangements entre élites politiques.
- Séparer Doha du dialogue national et garantir la justice
Les négociations sécuritaires de Doha doivent obtenir la cessation des hostilités, le désarmement et la protection des civils, sans se substituer au dialogue politique national. La réconciliation requiert la vérité, la justice et la réparation pour les victimes. Elle ne saurait effacer les crimes de guerre ni les crimes contre l’humanité, ni absoudre ceux qui les ont commandités.
NOTRE APPEL
Le FICE appelle les institutions de la République, les partis politiques, les confessions religieuses et les forces vives à promouvoir un dialogue congolais souverain, sincère et inclusif des seuls acteurs engagés pour la paix et avec exclusion de ceux qui s’accrochent ou choisissent les armes comme voie d’accès au pouvoir. Il demande à la CENCO et à l’ECC d’être clairs, de choisir sans ambiguïté le camp de la République. Il rappelle sa disponibilité à contribuer, par ses compétences et ses réseaux internationaux, à l’écoute de la diaspora, à la cohésion nationale et à la reconstruction du pays.
La paix, oui ! Le dialogue avec la participation de la diaspora républicaine, oui ! Mais sans légitimation des armes, sans impunité, sans Joseph Kabila tant qu’il n’a pas renoncé aux armes et répondu devant la justice, et sans remise en cause de la souveraineté du peuple congolais.
« Le sang versé n’ouvre pas les portes de la paix, mais celles de la justice et de la réparation »
Professeur Dr. Ngoie Joel Nshisso
Président international
Etats Unis d’Amérique
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