Pour la première fois depuis sa nomination à la tête du ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Émie Kutino s’est livrée à la presse. Une occasion dissiper les malentendus autour de son initiative des consultations de la jeunesse. À travers les consultations nationales de la jeunesse officiellement lancées il y a quelques jours, la ministre veut rompre avec une longue tradition de décisions prises “pour la jeunesse, mais sans la jeunesse”.
Elle insiste sur la philosophie de sa démarche : « Discuter des jeunes sans les jeunes, c’est être contre les jeunes. »
Pour elle, il est temps d’écouter ceux qui représentent près de 70 % de la population congolaise, afin de mieux comprendre leurs aspirations et leurs difficultés.
Parlant de l’objectif des consultations, elle a signé que c’est « D’écouter la jeunesse, écouter la jeunesse parce que je milite pour une jeunesse écoutée, comprise et impliquée. Alors ma démarche première pour ces consultations, c’est d’écouter la jeunesse, remettre les jeunes au centre des discussions parce que discuter des jeunes sans les jeunes, c’est être contre les jeunes. Et nous pouvons pas faire de ces jeunes qui sont majoritaires dans ce pays à 70 % des ennemis. Il est essentiel que nous faisons des jeunes prioritaires dans les discussions dans la RDC. Enfin, écoutez la jeunesse, vous insistez parce que la jeunesse n’était pas écoutée il y a 2 ans, il y a 5 ans. La jeunesse, la jeunesse, on doit se dire la vérité. On a longtemps décidé pour la jeunesse sans la jeunesse. Si la jeunesse aujourd’hui s’exclame parfois avec une fatigue et un ras-le-bol parce qu’ils ont subi des résultats sans pour autant les avoir mis dans le processus qui emmené ces résultats. Alors, les consultations viennent afin de les écouter, les placer au centre, que la jeunesse ne se sente pas invitée mais se sente propriétaire dans leur propre pays. Ces consultations viennent afin que nous puissions parler de la jeunesse avec la jeunesse. Que je me sente légal en tant que ministre de la jeunesse, représentante des jeunes, afin de plaider légalement pour eux parce que je les ai écouté, parce que je les ai compris, parce que je veux les impliquer. Mais je ne peux pas me sentir légal de parler de cette jeunesse si cette jeunesse je les ai pas écouté. Ils doivent contribuer pour leur pays et pour ça commence en les écoutant. Connaître leur leurs doléances, connaître leur réalité, palper de terrain les réalités qu’ils vivent qui se diffèrent des secteurs que ces jeunes sont. Alors, je crois quel est essentiel d’écouter ces jeunes et de les remettre au centre de toutes les discussions ».
Si des politiques de la jeunesse avaient déjà été élaborées par le passé, notamment en 2009, la ministre souligne que les réalités d’alors ne sont plus celles de 2025.
« Nous ne cherchons pas à récolter des voix ni à satisfaire un agenda politique », précise-t-elle. L’objectif est avant tout de recueillir la parole des jeunes dans toutes les provinces, mais aussi au sein de la diaspora, pour bâtir une nouvelle politique adaptée aux défis actuels.
« Écouter pour agir »
Le calendrier est serré : trois semaines maximum sont prévues pour parcourir les provinces, dialoguer avec les jeunes sur le terrain, et donner aussi la parole à ceux de la diaspora. Pour ceux qui ne peuvent pas participer physiquement, un volet digital a été mis en place. Plus de 80 000 jeunes ont déjà rempli le formulaire en ligne, preuve d’un intérêt marqué.
Si l’emploi, le financement des projets ou l’accès aux soins sont des problèmes récurrents, la ministre rappelle que chaque réalité est particulière : « Les problèmes d’un jeune de Lisala ne sont pas les mêmes que ceux d’un jeune de Kinshasa ou de la diaspora. » L’approche vise donc à identifier les priorités spécifiques à chaque milieu.
Critiquée par certains qui estiment que ces consultations seraient une perte de temps, Grâce Émie Kutino assure que les actions ont déjà commencé, en partenariat avec d’autres ministères et organisations. Mais elle veut aller plus loin : « Il ne s’agit pas seulement de faire ce qui est bien, mais de faire ce qui est prioritaire. »
Un message d’espoir
À ceux qui doutent, la ministre lance un appel : « Cette fois-ci doit être la bonne. Les mêmes compositions n’emmènent pas toujours les mêmes résultats. La jeunesse doit écrire cette histoire avec moi. »
En assumant son rôle de relais entre les jeunes et les autorités, Grâce Émie Kutino espère transformer la fatigue et le scepticisme en une dynamique constructive. « Écouter pour agir », promet-elle, convaincue que ces consultations sont le point de départ d’une nouvelle ère pour la jeunesse congolaise.
AKAMUS

