« Si nous voulons réellement sauver le Congo, chacun doit accepter de renoncer à une part de ses exigences au profit de l’intérêt supérieur de la nation », déclare Francine Muyumba.
Après l’annonce de la convocation d’un dialogue par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que la présentation des modalités de son déroulement, la sénatrice honoraire et cadre du PPRD, Francine Muyumba, a réagi en mettant en garde contre une démarche qu’elle estime insuffisamment consensuelle.
« On ne peut pas être à la fois partie, arbitre et maître des règles du jeu », a-t-elle déclaré.
Selon elle, un véritable dialogue national ne peut être décrété ni organisé selon les conditions fixées par une seule partie. « Ses modalités, son format et son ordre du jour doivent être définis de manière consensuelle par les différentes parties prenantes, sous une facilitation neutre et crédible », soutient-elle.
Francine Muyumba estime également que le chef de l’État, étant lui-même partie prenante à la crise politique que ce dialogue est appelé à résoudre, ne devrait pas en fixer unilatéralement les règles.
« Étant lui-même partie prenante à la crise politique que ce dialogue est appelé à résoudre, le président Tshisekedi ne peut en fixer unilatéralement les règles du jeu, l’agenda, la liste des participants, les exclusions ou encore les préalables », affirme-t-elle.
Pour la cadre du PPRD, la réussite d’un éventuel dialogue national repose avant tout sur la volonté des protagonistes de privilégier l’intérêt général et de faire des concessions.
« Si nous voulons réellement sauver le Congo, chacun doit accepter de renoncer à une part de ses exigences au profit de l’intérêt supérieur de la nation », insiste Francine Muyumba.
À travers cette prise de position, la sénatrice honoraire appelle ainsi à un processus inclusif, consensuel et placé sous une facilitation jugée suffisamment neutre pour garantir la confiance de l’ensemble des acteurs concernés.
Stéphane Joël Kande

