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Politique

Kabuya sur les traces de Kabund

Le Secrétaire général et président ad intérim du parti entame des consultations ce vendredi 16 août pour mettre en place une nouvelle équipe de la Convention démocratique du parti. Et ce que les frondeurs qui l’ont déchu de ses fonctions auront-ils accès au siège pour être aussi consultés ?

Deux camps se disputent la direction de l’UDPS/Tshisekedi. Celui des frondeurs qui ont déchu le secrétaire général et président ad intérim du parti et celui de ce dernier qui s’accroche à ses fonctions. 72 heures après sa destitution par un groupe qu’il a qualifiée de coup de théâtre sans issue car décidée en violation des statuts du parti, Augustin Kabuya est passé à la vitesse supérieure. Il a pris deux de isions. L’une nommant les membres de la Commission chargée de la convocation de la réunion pour mettre en place une nouvelle Convention démocratique du parti -CDP- et l’autre annonçant le début de consultation dès ce vendredi 16 août quant à cette décision intervient au moment où les torchons brûlent au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS-Tshisekedi, parti présidentiel depuis un certain temps. Tensions visant le départ de Kabuya à la tête du parti alors qu’il s’accroche, se disant protégés par les status.

A ce jour, les cadres et militants sont divisés. Les uns soutiennent Augustin Kabuya, secrétaire général déchu par ses paires, et d’autres par contre, sont dans le camp de ceux qu’on qualifient des frondeurs.
Celui qu’on appelle affectueusement « Mwana bute » ne s’avoue pas vaincu et dit ne pas vouloir céder au chantage des frondeurs. Rejetant sa destitution et se disant légitimement doté des pouvoirs de gérer le parti, Augustin Kabuya, secrétaire général faisant également office du président ad interim de l’UDPS/ Tshisekedi, entame à partir qu’aujourd’hui vendredi 16 août, les consultations avec les différents organes de du parti dans le but de recomposer désormais, l’équipe de la Convention Démocratique du parti, qui l’a déchu à travers une session organisée dernièrement à la Paroisse Sainte Anne à Kinshasa. Cela ressort d’un communiqué publié le mercredi 14 août par Augustin Kabuya, qui se reconnaît encore secrétaire général de l’UDPS-Tshisekedi. L’homme qui fait face aux frondeurs a invité même les représentants du parti en province à prendre part à ces consultations.

A l’en croire, il sera question des entretiens en vue de mettre en place une équipe pour désigner les cinq personnalités par province conformément à l’article 30 des statuts du parti. La CDP est un organe consultatif du parti composé des ministres en fonctions, mandataires publics, députés et sénateurs en fonctions, la présidence et le secrétariat du parti ainsi de de 5 personnes par province désignée par la présidence du parti.

Kabuya seul chauffeur au volant

Les consultations annoncées pour ce vendredi sont une importance capitale. Elles vont sceller ou non la légitimité de Kabuya. Le SG Kabuya n’est pas en odeur de sainteté avec plusieurs hauts cadres de l’UDPD, qui l’accusent à tort ou à raison de la megestion du parti, du clientélisme et autres griefs. Ces consultations se derouleront au siège du parti. Déjà, tous ceux qui sont fichés frondeurs auront du mal à y aller. Si c’est le cas, ils n’auront plus droit au chapitre et seront immédiatement écartés de la nouvelle composition, exceptés peut être les ministres en fonctions, députés et sénateurs ainsi que mandataires publics issus de UDPS. La crise est tellement profonde qu’on craint d’assister au combat au corps à corps entre les deux camps. On se souviendra de ce que Jean Marc Kabund a connu. Il a été chassé du parti et a créé son propre parti politique et s’est retrouvé aux arrêts, accusé, entre autres, d’outrage au chef de l’Etat.

Mais le cas Kabuya sort de l’ordinaire étant donné que l’homme cumule les fonctions de secrétaire général et du président intérieur du parti car le président de l’UDPS, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo,va être élu président de la République. Ses charges au sommet de l’Etat sont incompatibles avec le mandat d’un parti
ou regroupement politique.

Le désordre est au total à l’UDPS au point qu’on ne sait pas exactement qui a raison et qui a tort. Pour sauver les meubles, certains observateurs avertis en appellent à l’arbitrage du chef de l’État Félix Tshisekedi pour trouver un compromis à l’amiable. Sinon, le parti va encore se fractionner. Il ya déjà plusieurs ailes depuis la fin de la Conférence nationale souveraine. UDPS/ Tshisekedi, UDPS)Kibasa, UDPS/Tshibala, et UDPS/ peuple de Mubake. Toutes ses fractions ont dangereusement contribué à l’émiettement du parti même si aujourd’hui la fraction UDPS/ Tshisekedi est au pouvoir. Un pouvoir acquis dans les luttes acharnées mais que les détenteurs ne savent pas conserver. Si ces tensions continuent, l’UDPS qui exercent déjà son deuxième et dernier mandat constitutionnel risque de mordre de la poussière aux élections de 2028. Le feu est encore au début et facile à éteindre. S’il gagne des proportions inquiétantes, ce sera trop tard. Et les 37 ans de lutte seraient gaspillés inutilement.

Congo Nouveau /Photo Réveil Congo 

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