Une atmosphère de jubilation mêlée de soulagement a envahi la cité minière de Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), après l’annonce de la mort du lieutenant-colonel Willy Ngoma, figure emblématique et porte-parole militaire du M23. Dans les rues, des habitantas ont laissé éclater leur joie, célébrant ce qu’ils considèrent comme un tournant majeur dans un conflit qui meurtrit la région depuis plusieurs mois.
Selon plusieurs sources locales, les Wazalendo affirment avoir repris le contrôle de Rubaya après de violents affrontements contre les éléments du AFC / M23. Des scènes de liesse ont été observées, la population saluant ce qu’elle perçoit comme une “victoire” face aux rebelles. Les combattants Wazalendo déclarent également avoir récupéré plusieurs armes lourdes et de petit calibre abandonnées lors de la fuite des insurgés.
La mort de Willy Ngoma serait survenue dans la nuit du 23 au 24 février 2026, aux environs de 2h40 du matin, lors d’une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’attaque aurait visé un convoi rebelle près de la ferme de Kasuku, causant la mort d’au moins neuf personnes, dont deux combattants étrangers présentés comme des mercenaires.
Cette opération militaire s’inscrit dans une intensification des offensives autour de Rubaya, une zone stratégique en raison de ses riches gisements de coltan, sous occupation rebelle depuis avril 2024. Des sources concordantes évoquent également la blessure du général Sultani Makenga, chef militaire du M23, bien que cette information reste à confirmer officiellement.
Au-delà de l’impact militaire, la disparition de Willy Ngoma représente un coup dur pour la rébellion. En tant que principal porte-voix du mouvement, il incarnait la communication stratégique du M23, notamment dans un contexte marqué par des accusations réciproques de violations du cessez-le-feu.
À Rubaya, cependant, l’heure est à l’espoir. Pour de nombreux habitants, cette évolution pourrait marquer le début d’un recul de l’influence rebelle dans cette zone clé du Nord-Kivu. Mais malgré l’euphorie, la situation reste volatile, et les incertitudes demeurent quant à la stabilité durable de cette région longtemps disputée.

