La déclaration est lourde, grave et sans équivoque. Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et ex-députée nationale, opposante, affirme être sous pression de son entourage pour quitter immédiatement la République démocratique du Congo avec ses trois enfants. Depuis ce matin, dit-elle, appels et messages se multiplient, émanant de proches inquiets pour sa sécurité et celle de sa famille, dans un climat qu’elle décrit comme marqué par une recrudescence des intimidations à l’encontre des opposants politiques.
L’ancienne ministre affirme toutefois refuser toute idée d’exil. Malgré, selon elle, les menaces, les risques de perquisition et la peur légitime pour ses enfants, elle se dit déterminée à rester à Kinshasa. « Ma vie est ici », martèle-t-elle, rappelant que son fils Christopher prépare actuellement son baccalauréat. Elle assure n’avoir rien à cacher et se dit prête à faire face à toute action des services de sécurité.
Cette prise de position intervient après de graves accusations rendues publiques lors d’une conférence de presse. Marie-Ange Mushobekwa accuse un haut cadre de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Philémon Mambabwa, d’avoir ordonné l’enlèvement et la torture de ses deux enfants mineurs, Claudien et Christopher Likulia, ainsi que d’un de leurs amis. Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 21 décembre 2025, dans une résidence privée à Kinshasa.
Selon son témoignage, les adolescents auraient été séquestrés, ligotés et violemment battus par des policiers et militaires, alors qu’ils n’étaient ni armés ni recherchés. Elle évoque des blessures physiques encore visibles et des traumatismes psychologiques durables. Qualifiant l’affaire d’« abus de pouvoir personnel » et de « test moral pour l’État », elle dénonce la lenteur de la procédure judiciaire et l’absence de sanctions.
Marie-Ange Mushobekwa appelle à un procès équitable et à l’implication du procureur militaire, tout en réaffirmant sa foi en la justice congolaise. Pour elle, au-delà des clivages politiques, cette affaire pose la question fondamentale du respect des droits humains et de l’État de droit en RDC.

