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Politique

Noël 2025 en RDC : Cardinal Fridolin Ambongo appelle les rebelles à cessez la guerre d’agression !

Le cardinal Fridolin Ambongo a lancé, à l’occasion de la célébration de Noël 2025, un appel solennel à la paix et à l’arrêt des violences qui ensanglantent l’est de la République démocratique du Congo. S’adressant aux acteurs sociaux et politiques lors de la messe de la Nativité célébrée le mercredi 24 décembre à la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, l’archevêque métropolitain a exhorté la nation à renoncer à la guerre et à s’engager résolument sur le chemin du vivre-ensemble.

 « Puisque Emmanuel, Dieu avec nous, est le Prince de la paix, il nous engage dans une véritable alliance pour la paix et le bien-vivre ensemble. C’est pourquoi j’en appelle avec insistance à tous les acteurs sociaux et politiques : choisissez la paix, cessez de faire la guerre ».

Dans son message, le prélat a rappelé que célébrer la naissance du Christ sans une véritable conversion en faveur de la paix et de la justice reviendrait à vider cette fête de son sens profond. Malgré une situation qu’il qualifie de « catastrophique », le cardinal Ambongo a tenu à porter un message d’espérance à l’endroit du peuple congolais.

 « Les déplacements massifs de populations, l’insécurité alimentaire et les traumatismes profonds causés par les conflits nous rappellent l’urgence de laisser le Christ naître dans nos cœurs, dans nos familles et dans notre pays, afin de reconstruire la paix et de restaurer la confiance entre nos communautés ».

Cet appel intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant dans l’est de la RDC. Depuis plus de trois décennies, cette partie du pays est le théâtre de violences armées impliquant des groupes locaux et étrangers. La situation s’est fortement dégradée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Après l’occupation de Bunagana en 2022, les combats se sont étendus aux territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, avant de conduire à la prise de Goma et de Bukavu en janvier et février 2025.

Face aux FARDC, l’AFC/M23, dirigée militairement par Sultani Makenga, a renforcé son emprise territoriale, mettant en place des administrations parallèles et défiant l’autorité de l’État congolais. Cette dynamique a accentué la fragmentation institutionnelle et aggravé la crise humanitaire.

Sur le plan diplomatique, plusieurs initiatives ont été lancées pour tenter d’enrayer l’escalade. Les accords de Washington, conclus sous l’égide des États-Unis entre Kinshasa et Kigali, et le processus de Doha, conduit par le Qatar avec la participation du gouvernement congolais et de l’AFC/M23, peinent toutefois à produire des résultats concrets. Cette impasse a favorisé une reprise des affrontements, notamment à Uvira, dans le Sud-Kivu, suscitant de nouvelles condamnations internationales.

Dans ce contexte d’incertitude, le message du cardinal Fridolin Ambongo résonne comme une interpellation morale forte, appelant à replacer la paix, la justice et la dignité humaine au cœur de toute solution durable à la crise congolaise.

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