En République démocratique du Congo, le lancement du recensement de la population intervient dans un climat politique déjà sous tension, marqué par la montée des discussions autour d’une possible révision de la Constitution. Derrière cette opération administrative se profile, pour de nombreux observateurs, une étape stratégique pouvant conduire à l’organisation d’un référendum.
Au cœur de cette dynamique, la majorité présidentielle, regroupée au sein de l’Union sacrée de la nation, multiplie les initiatives. Le 19 mars 2026, le député national Tony Mwaba Kazadi a déposé une proposition de loi organique visant à encadrer l’organisation du référendum. Officiellement, il s’agit de combler un vide juridique en conformité avec la Constitution. Mais dans les faits, ce texte apparaît comme un levier clé pour ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle.
Plusieurs points chauds cristallisent les tensions. D’abord, l’absence de clarté sur le contenu réel de la réforme alimente les soupçons d’une modification des équilibres institutionnels, notamment au profit du pouvoir exécutif. Ensuite, la question sensible d’un éventuel troisième mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo reste en toile de fond, bien que jamais officiellement confirmée.
Les critiques se multiplient au sein de la société civile. Jean-Claude Katende dénonce une dérive : « Ceux qui demandent un troisième mandat (…) défendent leurs intérêts politiques ». Une position qui illustre la polarisation croissante du débat.
Autre signal fort : les tensions internes à la majorité. L’éviction politique de Modeste Bahati Lukwebo, après ses réserves sur la réforme, révèle un durcissement des lignes et une discipline accrue au sein du camp présidentiel.
Révision ou changement de la Constitution : Un vrai-faux débat
Dans ce contexte, le référendum apparaît comme un outil central mais controversé. S’il incarne théoriquement l’expression de la souveraineté populaire, ses modalités d’organisation pourraient influencer fortement l’issue du processus.
Entre volonté affichée de modernisation et soupçons de manœuvre politique, la RDC entre dans une séquence décisive, où se joue l’avenir de son architecture institutionnelle.
AK


