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Politique

RDC : Denis Mukwege dénonce une « crise de dignité » au sommet de l’État

Dans une lettre ouverte au ton incisif, rendu public ce 21 mars 2026 le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege s’en prend frontalement à la classe politique de la République démocratique du Congo, qu’il accuse de renoncer à ses responsabilités face aux enjeux démocratiques actuels.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par les démissions successives de Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo. Si de telles décisions peuvent relever du jeu démocratique, Mukwege met en doute les circonstances qui les entourent, évoquant des pressions liées à un éventuel projet de révision constitutionnelle.

Dans son message, le médecin congolais déplore ce qu’il considère comme une perte de repères au sein des institutions. Il critique des responsables politiques qui, selon lui, oscillent entre actes de courage ponctuels — en s’opposant à certaines orientations — et reculades, notamment lorsqu’ils sollicitent la clémence du pouvoir exécutif.

Pour Mukwege, cette attitude traduit une crise profonde de leadership et de responsabilité, où la défense des intérêts du peuple cède le pas à des considérations personnelles ou politiques.

L’auteur de la lettre met en garde contre une « inversion des rôles » au sommet de l’État. Il rappelle que, dans une démocratie fonctionnelle, les représentants du peuple ont pour mission de contrôler l’action du gouvernement. Or, il estime que, dans le contexte congolais, ce sont plutôt les élus qui subissent des pressions et des sanctions pour leurs prises de position.

Une telle dynamique, prévient-il, constitue une menace directe pour l’équilibre institutionnel et le fonctionnement démocratique du pays.

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S’adressant directement aux parlementaires, Mukwege les interpelle sur la question de la dignité, les invitant à rester fidèles à leurs convictions, même face aux risques politiques ou personnels. Il s’appuie sur des valeurs culturelles et des adages traditionnels pour rappeler que l’honneur et l’intégrité doivent primer sur toute autre considération.

Il évoque également l’exemple de Patrice Lumumba, symbole de résistance et de sacrifice, pour illustrer l’exigence de courage en période de crise.

Au-delà des critiques adressées aux élus, Denis Mukwege appelle le Président de la République à se méfier des « tambourinaires », qu’il accuse de servir avant tout leurs intérêts personnels. Il l’exhorte à privilégier la voix du peuple et sa propre conscience dans la conduite des affaires publiques.

Cette prise de position intervient alors que les débats autour d’une possible révision de la Constitution alimentent les tensions politiques en République démocratique du Congo.

Par cette lettre, Denis Mukwege confirme son rôle de vigie morale, appelant à un sursaut de conscience collective pour préserver la démocratie et la dignité nationale.

Isaka Kijana

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