L’opposant Delly Sessanga a dénoncé, samedi 21 mars, ce qu’il perçoit comme une tentative du pouvoir en place de se maintenir au-delà de l’échéance de 2028, en s’appuyant sur la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Lors d’une déclaration à la presse au siège de son parti Envol, à Kinshasa, l’ancien député national est revenu sur les engagements du président Félix Tshisekedi. Il a rappelé que ce dernier avait lié l’évaluation de son action à la restauration de la paix dans l’Est, estimant que cet objectif reste, à ce jour, non atteint.
Selon lui, la situation sécuritaire s’est au contraire aggravée à l’approche de la fin du mandat présidentiel. Il évoque notamment l’augmentation du nombre de déplacés internes ainsi que la perte de contrôle de plusieurs zones, depuis la chute de Bunagana il y a quelques années.
Delly Sessanga critique également certains discours de proches du pouvoir, qui présentent le chef de l’État comme investi d’une « mission » dépassant le cadre constitutionnel pour mettre fin au conflit. Une interprétation qu’il rejette, affirmant que rien ne peut primer sur les dispositions de la Constitution.
Pour l’opposant, la guerre ne saurait servir d’argument pour justifier les failles de gouvernance ni pour affaiblir les principes démocratiques. Il estime que le conflit est utilisé comme un prétexte pour masquer des insuffisances.
Par ailleurs, il condamne toute forme d’agression étrangère contre la RDC, citant notamment le Rwanda, et appelle au retrait des forces étrangères présentes sur le territoire. Il insiste toutefois sur le fait que cette position ne constitue pas un soutien automatique à l’action gouvernementale.
« S’opposer à une agression extérieure ne revient pas à valider les dérives internes », a-t-il souligné, plaidant pour une double exigence : défendre la souveraineté nationale tout en demandant des comptes aux dirigeants.
Enfin, Delly Sessanga rappelle que la protection de l’intégrité territoriale et l’exigence de responsabilité politique relèvent toutes deux des droits et devoirs des citoyens dans un État de droit.
La fragilité de l’opposition, une stratégie de Félix Tshisekedi ou un hasard ?

