Devant un parterre de journalistes réunis dans sa villa, à Kinshasa, Jean-Marc Kabund-A-Kabund, président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) et autorité morale de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), a tenu une conférence de presse ce mardi 04 novembre 2025.
L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale et ex-allié du Président Félix Tshisekedi a dressé un tableau sombre de la situation politique, économique et sociale de la République démocratique du Congo.
Ayant débuté son intervention par un message de reconnaissance envers la presse, Kabund a salué le courage des journalistes qui ont, selon lui, “refusé de se taire pendant son incarcération injuste à la prison centrale de Makala”.
Il a réaffirmé avoir pardonné à tous ceux qui lui ont fait du tort, citant Nelson Mandela : « La rancune, c’est boire du poison en espérant qu’il tue l’autre. »
Mais rapidement, le ton a changé. Kabund a dénoncé une « dérive politique, morale, économique et institutionnelle » depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir. Il a fustigé ce qu’il appelle la “destruction méthodique des acquis démocratiques” et la “centralisation du pouvoir autour d’un seul homme”. Selon lui, la justice est devenue “un instrument de répression”, les institutions sont “instrumentalisées”, et la population “appauvrie par une économie extravertie et dollarisée”.
Sur le plan sécuritaire, le président de la CGC a dressé un constat alarmant : “Plus de 250 groupes armés sévissent à travers le pays pendant que le gouvernement se complaît dans le déni et la diversion.” Il a accusé le régime actuel d’incapacité à restaurer la paix dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, tout en dénonçant “la complicité tacite avec des puissances étrangères qui soutiennent les rébellions”.
Kabund a appelé de manière solennelle à la convocation d’un dialogue national inclusif, estimant que “le refus obstiné du chef de l’État de dialoguer relève d’un calcul politique visant à justifier un glissement anticonstitutionnel en 2028”. Il a averti que ce silence “équivaut à une haute trahison envers la nation congolaise”.
L’opposant a conclu en appelant à la mobilisation citoyenne. Il a annoncé une marche pacifique prévue pour le lundi 15 décembre 2025 à Kinshasa, invitant “les Congolaises et Congolais à se lever pour sauver le pays du chaos”.
“Ce n’est pas un appel politique, a insisté Kabund, mais un appel patriotique. Trop de sang a coulé. Trop de promesses ont été trahies. Le moment est venu de sauver notre pays avant qu’il ne soit trop tard.”
AKAMUS

