Plus de dix jours après le conclave de Nairobi organisé autour de l’ancien président Joseph Kabila, le mouvement « Sauvons la RDC » , désormais baptisé « Sauvons le Congo » , a fait sa première apparition publique ce vendredi 24 octobre à Kinshasa. Cette sortie, attendue depuis plusieurs jours, marque une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique congolais. Quelques figures politiques ayant pris au conclave de Nairobi et d’autres qui étaient restées au pays ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle ils ont fait la restitution des travaux tenus dans la capitale kényane.
Selon eux, le conclave de Nairobi a été un moment d’échanges francs et de vérité, permettant d’établir un diagnostic jugé « sans complaisance » de la situation du pays. Les participants estiment que la République Démocratique du Congo traverse une crise totale, multidimensionnelle et profonde, menaçant jusqu’aux fondements de la nation. D’après leur lecture, cette crise aurait un seul visage : celui du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans le chaos politique, économique et sécuritaire.
Sur le plan politique, le mouvement évoque une violation répétée de la Constitution et des élections de 2023 « marquées par de graves irrégularités », qui auraient restreint l’espace démocratique. Les membres du mouvement affirment également que la volonté du pouvoir actuel de modifier unilatéralement la Constitution aurait accentué les divisions internes, accentuant la méfiance nationale.
Sur le plan sécuritaire, « Sauvons le Congo » peint un tableau sombre : un pays morcelé, avec un Est ravagé par la guerre, un Ouest instable et en colère, et une capitale étouffée par l’insécurité. Les négociations engagées pour ramener la paix seraient, selon eux, menées dans l’opacité et sans réelle volonté politique, ce qui expliquerait leur échec répété.
Face à cette situation qu’ils jugent alarmante, les organisateurs affirment avoir pris leurs responsabilités en créant un mouvement citoyen, démocratique et patriotique, censé incarner une alternative nationale. Leur objectif, déclarent-ils, est de mettre fin à la tyrannie, restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, et favoriser une réconciliation nationale durable.
Le mouvement « Sauvons le Congo » précise ne pas être un parti politique ni une organisation de la société civile, mais une plateforme citoyenne rassemblant des patriotes congolais issus de divers horizons. Dans les prochains jours, il prévoit une série d’actions de terrain, des campagnes de sensibilisation et une offensive diplomatique à l’international, afin de porter son message et d’obtenir un soutien plus large.
Enfin, la plateforme appelle la population congolaise à se mobiliser pacifiquement pour exiger la convocation d’un dialogue national inclusif avant les élections de 2028. Selon ses animateurs, ce dialogue serait la seule voie de sortie durable pour réconcilier les forces vives de la nation, restaurer la confiance et remettre la République Démocratique du Congo sur la voie d’un avenir démocratique, stable et apaisé.
Ephraïm Kezza

