Une décision présidentielle suscite de vives réactions dans la classe politique congolaise. Le Directeur de cabinet du chef de l’État, Antony Kinzo, a instruit, sur ordre du président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, de prendre un moratoire sur toutes les motions de défiance ou de censure jusqu’à la fin de la guerre dans l’Est du pays.
Si le pouvoir justifie cette mesure par la nécessité de préserver la stabilité des institutions en période de crise sécuritaire, plusieurs observateurs y voient plutôt une dérive autoritaire et une atteinte grave aux principes démocratiques consacrés par la Constitution congolaise.
« Les motions de défiance sont un instrument de contrôle parlementaire prévu par la loi fondamentale. Suspendre ce droit, c’est museler la représentation nationale et priver le peuple de sa voix », déplore un Anselme ndjungu coordonnateur provincial au Sud-Kivu de l’Ensemble pour la République partie politique de l’opposition de Moïse katumbi joint par notre rédaction.
Des analystes politiques estiment que cette décision traduit une peur du débat démocratique et une volonté du régime de protéger certains responsables publics face à la montée des critiques sur la gestion des affaires de l’État. Pour eux, la guerre ne peut pas servir de prétexte pour neutraliser le contrôle du pouvoir législatif, l’un des piliers de toute démocratie.
Dans un contexte marqué par la détérioration du climat politique et les tensions persistantes à l’Est, cette mesure risque de creuser davantage le fossé entre le pouvoir et les institutions représentatives, au moment où la population réclame plus de transparence et de redevabilité dans la gouvernance.
Isaka Kijana

