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Politique

Changement de la Constitution en RDC : qui vivra verra !

Le débat autour de la modification de la Constitution en République Démocratique du Congo (RDC) est particulièrement tendu. Le président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de changer la Constitution lors de son discours à Isiro le 30 novembre 2024, suscitant une vive réaction de l’opposition. Tandis que le pouvoir justifie ce projet en le présentant comme une nécessité pour adapter le texte aux réalités actuelles du pays, l’opposition y voit une manœuvre pour prolonger le mandat présidentiel et dériver vers une présidence à vie.

Des réformes attendues…

Félix Tshisekedi considère que la Constitution actuelle, héritée d’une époque où elle avait été rédigée sous l’influence étrangère, n’est plus en adéquation avec les besoins de la population congolaise. Selon lui, la révision de la Constitution offrirait à la population l’opportunité de réécrire un texte qui refléterait mieux ses aspirations. Parmi les réformes proposées figurent la mise en place d’un exécutif moniste et d’un Parlement monocaméral, ainsi qu’une réorganisation du système électoral et des entités territoriales. Ces réformes, selon le Front pour un Congo Nouveau (FPCN), visent à renforcer les institutions, alléger les dépenses publiques et améliorer la gouvernance.

L’opposition très catégorique

De l’autre côté, l’opposition congolaise rejette fermement la modification de la Constitution, qu’elle considère comme une tentative de maintenir Félix Tshisekedi au pouvoir pour un troisième mandat. Elle invoque l’article 64 de la Constitution, qui permet au peuple de s’opposer à toute tentative de subversion des institutions démocratiques. Les partis d’opposition, notamment le FCC, Lamuka et Ensemble pour la République, estiment que cette révision n’est qu’un prétexte pour installer un régime autoritaire et menacent la souveraineté nationale. Ils soulignent que la Constitution de 2006, adoptée par référendum, est le fruit d’une volonté populaire et ne nécessite aucune modification. Pour l’opposition, le véritable enjeu réside dans l’amélioration des conditions de vie des Congolais, et non dans un changement constitutionnel.

Une confrontation de ressources et de stratégies

La bataille entre les deux camps se joue également sur le terrain des ressources. Le pouvoir bénéficie des moyens de l’État pour mobiliser les forces de sécurité et les administrations, tandis que l’opposition, bien que soutenue par une large partie de la population, peine à unir ses forces et à définir une stratégie commune. Cependant, la mobilisation populaire, alimentée par des conditions de vie difficiles précaires au Congo et une frustration croissante, pourrait constituer un contrepoids décisif face au pouvoir.

L’exemple de la pression populaire qui a contraint Joseph Kabila à renoncer à son projet de troisième mandat montre que les mouvements de masse peuvent influencer l’issue du débat.

Le débat autour de la révision constitutionnelle en RDC est loin d’être résolu. Le pouvoir et l’opposition mènent chacun une bataille sur des fronts différents, soutenus par des ressources distinctes. La suite de cette confrontation dépendra en grande partie de la mobilisation populaire et de la capacité des uns et des autres à exploiter leurs atouts. La question de savoir si ce changement constitutionnel se concrétisera ou non demeure ouverte, et seul le temps nous le dira.

Téfia NAKATALA

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