« La composante opposition politique ayant participé au processus électoral sera dirigée par le véritable vainqueur de l’élection présidentielle de 2023, Monsieur Moïse Katumbi Chapwe. La composante opposition politique ayant boycotté le processus électoral, dirigée par le Sénateur à vie et ancien Président de la République Joseph Kabila Kabange. La composante opposition armée, Alliance Fleuve Congo, AFC, et les autres groupes armés œuvrant dans le pays (Ituri, Maniema, Katanga, Bandundu, Nord Kivu, Sud Kivu…), sera dirigée par leur Coordonnateur Monsieur Corneille Nangaa. La composante Société civile, dirigée par les Confessions religieuses représentatives du pays, en l’occurrence, les églises catholique et protestante. La composante Gouvernement de fait, représentée par le Président illégitime issu du braquage électoral, Monsieur Tshilombo. La diaspora et les autres mouvements associatifs y prendront part selon leur appartenance politico-religieuse », propose-t-il dans son message du samedi 3 février 2024.
La question qui reste pendante : Félix Tshisekedi accepterait-t-il ce format de dialogue ? D’emblée, il ne fait d’ombre d’aucun doute que c’est une illusion. Faut-il craindre alors des crépitements d’armes si jamais Félix Tshisekedi fonçait à diriger la nation tout en écartant ces forces vives du pays ? Mystère en tous cas.
Mais, est-il que, au cours de son discours d’investiture pour le second mandat, Félix Tshisekedi avait tendu la main à l’opposition.
« Aucun dialogue ne peut et ne pourra intervenir avec notre agresseur tant qu’il occupera, quelle qu’en soit l’étendue, une portion de notre territoire. Et tant que cette situation perdurera, les FARDC demeureront, quoi qu’il en coûte, commises à leur poursuite ; et ce, jusque dans leurs derniers retranchements. En d’autres termes, nous n’accepterons aucun compromis, quel qu’il soit, qui n’aurait d’autres objectifs que la sauvegarde de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la stabilité de la République démocratique du Congo. Aucun compromis, qui aura pour effet de porter atteinte aux droits inaliénables du peuple congolais à la vie et à la pleine jouissance de ses richesses », a déclaré le chef de l’État dans son message lors de la traditionnelle cérémonie d’échange de vœux avec les diplomates accrédités en RDC, mardi 30 janvier dernier.
Il s’accroche à l’accord de Nairobi et à la feuille de route de Luanda, qui exigent la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et le retour des réfugiés dans leurs pays d’origine avant toute autre solution diplomatique.
Rappel
Le 4e cycle électoral en République Démocratique du Congo a consacré la réélection de Félix Tshisekedi à la tête du pays avec 73,47%, selon les chiffres de la Cour constitutionnelle. Il est suivi par Moïse Katumbi Chapwe avec 18,08%, Martin Fayulu Madidi 4,92%, et Adolphe Muzito 1,12%. Après l’investiture de Félix Tshisekedi, la mise en place des nouvelles institutions et de leurs animateurs se poursuit en RDC. C’est le cas au niveau de l’Assemblée nationale avec la mise en place d’un bureau d’âge censé conduire à l’élection du bureau définitif. Il en sera de même au niveau des assemblées provinciales, où les travaux reprennent le lundi 5 février 2024.
Cette réélection de Félix Tshisekedi est contestée par certains leaders politiques de l’opposition, suite aux irrégularités et actes de fraudes dénoncés après les opérations de vote. C’est le cas de Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Denis Mukwege et d’autres, qui appellent à un dialogue pour la réorganisation des élections avec une CENI et une Cour constitutionnelle recomposées.

