Depuis la démission de Vital Kamerhe du poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale, une véritable bataille de succession s’est engagée au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN). La plateforme majoritaire au Parlement fait face à de fortes dissensions internes, alors que plusieurs figures politiques revendiquent ouvertement la présidence de la Chambre basse.
Christophe Mboso revient sur le devant de la scène
Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, actuel deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, a officiellement annoncé sa candidature pour succéder à Vital Kamerhe.
Lors d’une conférence de presse, ce membre influent du présidium de l’Union sacrée a indiqué qu’il souhaitait mettre son expérience et ses compétences au service de l’Assemblée nationale. Il s’est présenté comme un homme d’intégrité et de stabilité, estimant pouvoir contribuer efficacement au bon fonctionnement des institutions et au développement du pays.
Cette déclaration marque le retour d’un vétéran de la politique congolaise, qui avait déjà dirigé la Chambre basse entre 2021 et 2024, avant de céder sa place à Vital Kamerhe dans le cadre d’un réaménagement politique interne à la majorité présidentielle.
Jean-Baudouin Mayo, un autre prétendant de l’UNC
De son côté, Jean-Baudouin Mayo, cadre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), a lui aussi exprimé son intention de briguer la présidence de l’Assemblée nationale. Son ambition s’inscrit dans la continuité du leadership de Vital Kamerhe, son collègue et président de l’UNC, qui avait quitté ses fonctions le 22 septembre dernier.
Cependant, le parti n’a pas encore tranché. Dans un communiqué consulté samedi, l’UNC a précisé qu’aucun de ses membres n’avait officiellement été désigné pour succéder à Kamerhe. Le parti a rappelé que Vital Kamerhe attendait toujours les orientations du président Félix Tshisekedi, autorité morale de l’Union sacrée, avant de valider un éventuel candidat.
Outre Mayo, le nom d’Aimé Boji Sangara, ancien ministre de l’Industrie, circule également avec insistance. Plusieurs députés ont déjà affiché leur soutien à sa candidature, bien que celle-ci n’ait pas encore été confirmée par son parti.
Doudou Mangu, le pari de l’UDPS
Pendant ce temps, au sein de l’UDPS, le député national Doudou Mangu Mangu Dunia, élu de Lukunga, a lui aussi annoncé sa candidature. Il a déclaré avoir reçu l’autorisation de son parti pour se lancer dans la course à la présidence de la Chambre basse.
Selon lui, la majorité parlementaire issue de l’Union sacrée, dont l’UDPS est un pilier, dispose de la légitimité et de l’expérience nécessaires pour diriger l’institution. Il a également prévu de soumettre sa candidature au Secrétariat permanent de la coalition pour obtenir une approbation formelle. Originaire du Nord-Kivu, Doudou Mangu affirme remplir toutes les conditions légales et politiques exigées.
Vers un risque d’éclatement au sein de l’Union sacrée
La multiplication des candidatures au sein de la coalition majoritaire met à rude épreuve la cohésion de l’Union sacrée. Plusieurs cadres dénoncent des tentatives d’imposer un candidat unique, une démarche jugée contraire à l’esprit démocratique de la plateforme.
Le député Willy Mishiki, élu de Walikale (Nord-Kivu), a notamment critiqué ce qu’il considère comme une manœuvre visant à favoriser un candidat issu du gouvernement, en référence implicite à Aimé Boji. Il estime qu’il serait inacceptable de violer le règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour privilégier un membre de l’exécutif. Il a rappelé que les 500 députés disposent tous du droit de se présenter librement, sans attendre la démission d’un ministre.
Pour Mishiki, le mandat parlementaire étant non impératif, chaque élu doit pouvoir exercer son droit politique sans subir d’influence ou de contrainte. Il a également souligné que l’Union sacrée n’ayant pas de députés élus sous une même bannière, il n’était pas question d’imposer un seul candidat.
Ces divergences traduisent une fracture profonde au sein de la majorité. Tandis que certains plaident pour une compétition ouverte et démocratique, d’autres prônent un consensus autour d’un candidat unique pour préserver l’unité de la plateforme.
À mesure que la date de l’élection approche, la tension monte à l’Assemblée nationale. L’Union sacrée, censée être le socle de la stabilité institutionnelle, risque aujourd’hui de se diviser davantage sous le poids des ambitions personnelles et des rivalités internes.

