Le Conseil d’État a tenu, ce lundi 29 juin, une audience publique dans le cadre d’une procédure de tierce opposition liée à une précédente décision portant sur l’annulation d’un arrêté non publié au Journal officiel reconnaissant un chef de chefferie dans une entité aujourd’hui érigée en secteur des Bakisi.
Selon des sources proches des défenseurs du secteur des Bakisi, notamment Elias Mikonge, l’un des acteurs engagés dans la défense de ce statut administratif, le ministère public a requis l’irrecevabilité de la demande introduite par les auteurs de la tierce opposition. Pour ces derniers, cette position constitue une avancée importante dans un contentieux qui oppose depuis plusieurs décennies différentes parties au sujet du statut administratif et coutumier de cette entité du territoire de Shabunda.
Les mêmes sources estiment que la décision finale attendue du Conseil d’État pourrait permettre de mettre un terme définitif à un différend qu’elles considèrent comme préjudiciable aux intérêts des populations des Bakisi et du territoire de Shabunda dans son ensemble.
De son côté, Sa Majesté Mopipi Mukulumanya Augustin, présenté comme chef de la chefferie concernée, a livré une interprétation différente de l’audience. Il affirme que le mémoire en réponse déposé par le parti Wika Kibonge Kinene a été jugé infondé, soutenant que cette formation politique ne disposait pas de la qualité requise pour intervenir dans cette affaire, malgré la recevabilité de la plainte qu’elle avait introduite.
En attendant le prononcé de l’arrêt définitif, les différentes parties restent suspendues à la décision du Conseil d’État, qui pourrait apporter un éclairage décisif sur cette question sensible mêlant organisation administrative, légitimité coutumière et gouvernance locale dans le territoire de Shabunda.
Isaka Kijana

